Coronavirus en Auvergne Rhône-Alpes : Les transferts de patients et déprogrammations reprennent pour décharger la réa

CONSEQUENCES Pour désengorger la réanimation, des malades du Covid-19 ont été transférés du Rhône et de la Loire vers le Puy-de-Dôme

Elisa Frisullo

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Un transfert de patients depuis Lyon, lors de la deuxième vague à l'automne dernier
Un transfert de patients depuis Lyon, lors de la deuxième vague à l'automne dernier — Laurent Cipriani/AP/SIPA
  • Face à la troisième vague de Covid-19 qui déferle actuellement sur la région, les transferts de patients ont repris.
  • L’objectif est de décharger les soins intensifs et d’anticiper sur les besoins de lits à venir.
  • D’ici à la fin de la semaine, toutes les interventions et activités non urgentes devront également avoir été déprogrammées dans les hôpitaux et cliniques d’Auvergne Rhône-Alpes afin de redéployer les moyens vers la réa.

On est encore loin du nombre de déplacements de malades observés en Auvergne Rhône-Alpes lors de la deuxième vague, particulièrement virulente dans la région. Mais face au rebond épidémique, toutes les mesures pour désengorger les services de réanimation ont été réactivées. Depuis la mi-mars, douze patients, atteints du coronavirus, ont été transférés dans la région, apprend 20 Minutes ce mercredi de l’Agence régionale de Santé. Et deux malades doivent l’être aujourd’hui.

Ces transferts, « organisés par les équipes médicales et en accord avec les familles de patients » ont eu lieu principalement depuis le Rhône et la Loire, les plus durement touchés par la troisième vague pour l’heure, à destination du Puy de Dôme, détaille l’autorité de santé. Ils sont mis en place « dans une logique d’anticipation, pour ne pas atteindre un niveau de saturation dans les services hospitaliers », tout comme les demandes de déprogrammations d’activités, précise encore l’ARS.

Les interventions non urgentes de nouveau à l’arrêt

Dans un courrier transmis mardi à tous les directeurs des établissements de santé privés et publics de la région, l’ARS a demandé de déprogrammer l’ensemble des activités chirurgicales et non interventionnelles non urgentes « et sans perte de chance avérée à court terme pour le patient », ainsi que la chirurgie ambulatoire. Une mesure applicable pour au moins deux semaines qui doit être effective au plus vite et au plus tard vendredi. Les greffes, les pathologies chroniques, la cancérologie et les activités en pédiatrie non différables ne sont pas concernées par cette demande de déprogrammation.

« Les ressources médicales et non médicales libérées seront mises à disposition des établissements autorisés à la réanimation ou à la surveillance continue dans l’objectif d’augmenter la capacité de lits de soins critiques », souligne encore l’ARS. Mardi, 2.231 patients Covid-19 étaient hospitalisés dans la région, et 495 malades admis en réanimation. Ces soins critiques bénéficient désormais de 852 lits, soit 296 de plus que la capacité initiale de la réa, assure la même source. Cependant, le taux d’occupation des soins intensifs reste élevé et dépasse les 95 % en moyenne.

Le Rhône, qui enregistre un taux d’incidence de la maladie de 546,7 cas pour 100.000 habitants est le plus touché de la grande région par le rebond épidémique, devant la Loire (455 cas). L’Ain et l’Isère flirtent avec les 400 cas pour 100.000 habitants, selon les données de Santé publique France arrêtées au 3 avril. L’Ardèche et le Cantal sont les secteurs les moins touchés, en raison sans doute de leur ruralité.