Mosquée à Strasbourg : « Tout cela n'est pas tolérable »... L'association Millî Görüs répond aux accusations

LAICITE L’association est aussi revenue sur sa non-signature de la « Charte des principes de l’islam de France »

Thibaut Gagnepain

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La mosquée Eyyub Sultan à Strasbourg.
La mosquée Eyyub Sultan à Strasbourg. — T. Gagnepain / 20 Minutes
  • L’association Millî Görüs, qui construit une grande mosquée à Strasbourg, est sortie de son silence après avoir été au cœur d’une polémique depuis deux semaines. Depuis que la mairie a émis la possibilité de lui accorder une subvention de 2,56 millions d’euros.
  • L’association Millî Görüs a jugé les accusations qui lui avaient été faites « infondées », notamment celles qui émanaient du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.
  • Le président du lieu de culte en construction a assuré que sa confédération (CIMG Est) avait un financement « transparent » et n’était « rattachée à aucun pays », ici la Turquie en l’occurrence. « Nous ne sommes pas un parti politique », a-t-il encore clamé en guise de réponse à ceux qui prétendent que Millî Görüs prône un islam politique.

« Notre mosquée a été la cible de nombreuses accusations qui nous ont affectés. » Voilà comment s’est ouverte la conférence de presse organisée dans l’enceinte de la mosquée Eyyub Sultan ce mardi à Strasbourg. Par ce moyen, l’association Millî Görüs voulait sortir de son silence deux semaines après avoir été au cœur d'une polémique.

Celle-ci avait débuté après que le conseil municipal de Strasbourg avait voté, le 22 mars, le principe d’une subvention de 2,56 millions d’euros pour sa Grande mosquée en construction dans le quartier de la Meinau. L’opposition s’était braquée, puis le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin avait dénoncé « une mosquée soutenue par une fédération qui défend l’islam politique ». Avant de déclarer que la mairie écologiste « n’aurait pas dû financer une ingérence étrangère sur notre sol ».

Fatih Sarikir (à gauche) et Eyup Sahin (à droite) ce mardi.
Fatih Sarikir (à gauche) et Eyup Sahin (à droite) ce mardi. - T. Gagnepain / 20 Minutes

Autant d’accusations que l’association Millî Görüs a voulu récuser et a jugé « infondées ». « Tout cela n’est pas tolérable dans un pays comme la France », a déclaré Eyüp Sahin. Le président du lieu de culte en construction a assuré que sa confédération (CIMG Est) avait un financement « transparent » et n’était « rattachée à aucun pays », ici la Turquie en l’occurrence. « Nous ne sommes pas un parti politique », a-t-il encore clamé en guise de réponse à ceux qui prétendent que Millî Görüs prône un islam politique.

Autre sujet à l’ordre du jour, la « Charte des principes de l'islam de France ». Le texte avait été ratifié mi-janvier par cinq des neuf fédérations composant le Conseil français du culte musulman (CFCM), mais pas par Millî Görüs. Là encore, ses représentants ont donné leur version.

« La cible de cette charte a été complètement modifiée et dévoyée de son esprit initial, nous ne parlions même plus de la formation des imams […] On nous a présenté un document où nous n’avions pas mis la moindre virgule. C’était intolérable et inadmissible », a expliqué Fatih Sarikir, le président de la confédération nationale Millî Görüs.

Une déclaration de principe signée

Aux côtés de représentants de CCMTF et Foi et Pratique, deux associations qui avaient également refusé de signer la charte, il a ensuite ratifié une « déclaration de principe ». Sur ce document, toutes répètent notamment leur « adhésion aux principes de la République ».

Est-ce que cela voudrait dire qu’elles veulent désormais ratifier la fameuse « Charte des principes de l’islam de France » ? « Nous sommes prêts à continuer le travail pour aboutir à une charte juste et qui respectera la séparation entre l’Etat et la religion », a répondu Fatih Sarikir.

Enfin, quant à l’éventuelle subvention municipale, les représentants de l’association Millî Görüs ont assuré qu’ils allaient « apporter toute la clarté à la mairie ». Dans un communiqué jeudi dernier, l’édile strasbourgeoise Jeanne Barseghian avait indiqué qu’une décision finale serait « prise rapidement, en transparence, courant avril ».