Coronavirus : Qu’est-il possible de faire en ce week-end de Pâques confiné ?

PRATIQUE Le troisième confinement national commence samedi, mais ce premier week-end des dispositions spécifiques sont prévues pour laisser le temps aux Français de s'organiser

Rachel Garrat-Valcarcel

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Sur la promenade des Anglais à Nice, on est déjà concerné par le troisième confinement depuis quelques semaines.
Sur la promenade des Anglais à Nice, on est déjà concerné par le troisième confinement depuis quelques semaines. — SYSPEO/SIPA
  • Le troisième confinement, qui ne concernait que 19 départements depuis deux semaines, est étendu à l’hexagone et la Corse à partir de ce week-end.
  • Mais certaines tolérances sont appliquées pour ces quelques jours de « transition ».
  • Aussi, les règles de ce troisième confinement sont assez différentes des deux premiers.

Si le dimanche 28 mars a marqué le changement d’heure, le dimanche 4 avril marquera le changement de confinement : de règles localisées à 19 départements, on passera à des restrictions nationales. C’est ce qu’a annoncé le président de la République, Emmanuel Macron, mercredi soir, de son allocution télévisée. Mais ce week-end était, sur le papier, un week-end prolongé avec le lundi de pâques férié. De quelles latitudes disposons-nous les prochains jours ? Revue de détails.

Dépasser la zone des 10 km autour de son domicile ?

Après la limite du 1 kilomètre lors des deux premiers confinements, la règle est cette fois celle des 10 km. Dans cette limite, et hors couvre-feu (donc, entre 6 heures et 19 heures), vous n’avez pas besoin d’attestation. Au-delà, il vous faut un motif personnel ou professionnel « impérieux » et il vous faut donc une attestation. Aller chercher des enfants en garde alternée fait par exemple partie des « motifs impérieux ». Il faut néanmoins, ce week-end et les suivants, essayer de rationaliser ces déplacements. Le secrétaire d’Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari l’a précisé vendredi matin sur Europe 1 : « Ce que nous ne voulons pas, c’est d’avoir des va-et-vient incessants pour ces motifs de déplacement d’enfants. »

Aller se confiner ailleurs qu’à son domicile principal ?

C’est possible ! C’est en tout cas toléré. La circulaire du ministère de l’Intérieur envoyée aux préfets précise bien que ce week-end, jusqu’à la nuit de lundi à mardi, sera un week-end de tolérance pour les personnes qui veulent aller se confiner dans une résidence secondaire, dans leur famille ou autres. Les « grandes transhumances » qui suivent désormais presque traditionnellement les annonces de confinement sont souvent mal vues voire décriées, pourtant, elles peuvent être utiles. Dans des régions très denses, comme la région parisienne, où la transmission du virus est plus facile et l’embolie des hôpitaux proches, cela peut permettre de faire baisser la pression.

Aller en week-end ou carrément vacances ?

Ça, ça n’est pas possible. Cela ne fait pas partie des « motifs impérieux » qui permettent de dépasser la zone des 10 km. Si cela vous paraît incohérent avec la « tolérance » du point précédent, il faut une nouvelle fois comprendre qu’il s’agit d’éviter les va et viens de populations. En clair si vous êtes déjà au lieu où vous allez vous confiner, vous ne pouvez plus en bouger. Paradoxalement, Jean-Baptiste Djebbari a reconnu ce vendredi matin qu’il était « théoriquement » possible de partir voyager en Europe. « De plus en plus de pays européens imposent des restrictions, des quarantaines. Vous voulez aller en Italie ? Vous devez faire une quarantaine à destination. C’est très dissuasif. Donc en pratique, il y a très peu de déplacements touristiques de ce type », a-t-il expliqué.

Aller chez des amis et amies ?

C’est non. Aller chez des amis et amies, en intérieur et le plus souvent sans masque, c’est à peu près la chose la plus déconseillée pour éviter de favoriser les contaminations. Qu’ils ou elles habitent dans la zone des 10 km ou au-delà (ce n’est évidemment pas un « motif impérieux ») c’est impossible. L’idée est aussi d’éviter les fêtes clandestines : le ministère de l’Intérieur appelle d’ailleurs, dès ce week-end à la vigilance au sujet de ces comportements « particulièrement irresponsables » qui peuvent valoir des poursuites. Néanmoins, comme depuis le début de la crise sanitaire, les forces de l’ordre ne peuvent pas aller frapper au hasard chez quelqu’un pour vérifier qu’il n’accueille personne pour un dîner ou un apéro. Le risque c’est quand il y a du bruit lors d’une fête clandestine ou une dénonciation dans le voisinage. Globalement, c’est à la responsabilité individuelle que le gouvernement fait appel.

Aller dehors ?

Dans la limite des 10 km, c’est même plutôt conseillé. C’est la particularité de ce nouveau confinement. Etant donné que l'on sait maintenant que les risques sont plus importants en intérieur qu’à l’extérieur, autant prendre l’air, où les postillons vont vite se diluer dans l’air. Et encore plus si les températures se réchauffent. En revanche, il est interdit de se rassembler à plus de six personnes et le masque est toujours obligatoire un peu partout. Principale nouveauté ce week-end : on ne peut plus consommer d’alcool sur la voie publique. Dans bien des endroits, la vente à emporter dans des bars avait créé des attroupements, le gouvernement espère les réduire avec cette mesure.

Aller dans un magasin « non-essentiel » ?

Pas de virée à Ikea ce week-end ou les suivants, c’est certain. En revanche, la liste des commerces dits « non essentiels » a évolué depuis l’automne. Ainsi, les librairies restent ouvertes, tout comme les salons de coiffure. Les fleuristes, disquaires, cordonniers… sont aussi ouverts. On peut même aller chez un concessionnaire automobile sur rendez-vous.

Faire la chasse aux œufs de Pâques ?

Etonnament, le gouvernement n’a pas précisément défini le domaine du possible en la matière. Si c’est dans votre jardin, sur votre balcon ou encore à défaut dans votre salon ça ne devrait pas poser le problème. D’autant que les chocolatiers font partie des commerces qui peuvent rester ouverts.