SFR : Les syndicats craignent jusqu’à 2.000 « suppressions de postes » en 2021

EMPLOI Des négociations d’entreprise, dont la date n’est pas encore arrêtée, devraient débuter prochainement

20 Minutes avec AFP
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Une boutique SFR à Nantes (image d'illustration).
Une boutique SFR à Nantes (image d'illustration). — Sebastien SALOM-GOMIS/SIPA

Le plan stratégique de SFR prévoit jusqu’à 2.000 « suppressions de postes » courant 2021, ont dénoncé ce jeudi les syndicats, la direction maintenant de son côté le chiffre de « 1.700 départs volontaires » afin de conforter sa position de 2e opérateur télécom national à l’horizon 2025.

Aux 1.281 postes occupés supprimés sur la base du volontariat dans le pôle télécom de l’opérateur privé de télécommunications français s’ajoutent 287 postes à pourvoir, vacants, qui seront également supprimés (1.568 au total), ont précisé à l’AFP l’Unsa (premier syndicat) et la CFDT. A cela s’ajoutent « 404 postes supprimés dont 381 départs volontaires et 23 postes à pourvoir supprimés » dans les boutiques de l’opérateur télécom, soit près de 2.000 postes supprimés, dénoncent-ils.

Négociations et « défaut d’informations »

Interrogée par l’AFP, la direction maintient le chiffre de « 400 salariés impactés dans la distribution ainsi que 1.300 dans les autres fonctions du pôle télécom », soit au total 1.700 « postes occupés » supprimés sur la base du volontariat. « 120 créations de postes » sont également prévues, souligne-t-elle. Des négociations d’entreprise, dont la date n’est pas encore arrêtée, devraient débuter prochainement. A l’instar de l’Unsa, la CFDT dénonce « une utilisation cynique et opportuniste » de la crise sanitaire par la direction, accusée de « prétendre que cela affecte ses résultats pour mettre en œuvre cette restructuration ».

Le comité social et économique (CSE) central a par ailleurs assigné en référé la direction devant le tribunal de Paris pour « défaut d’informations sur ses orientations stratégiques » au cabinet expert qu’il a nommé. Une audience est fixée au 8 avril, ont précisé l’Unsa et la CFDT.

« Grosse inquiétude »

Une autre procédure judiciaire doit suivre à l’initiative commune du CSE central et des organisations syndicales pour « fraude aux orientations stratégiques et violation des accords antérieurs » qui ont pris fin au 31 décembre 2020 et prévoyaient « un maintien des effectifs, un fort accompagnement et un strict respect du volontariat », selon la CFDT.

« Il y a une grosse inquiétude sur le projet industriel et pour ceux qui ne seront pas volontaires », a déclaré à l’AFP Abdelkader Choukrane (Unsa), dénonçant « la méthode utilisée par la direction dans cette période d’extrême anxiété ».

« La notion de catégorie professionnelle est un énorme enjeu. Lorsqu’un service entier est supprimé, il n’y a pas de volontariat, le rapport entre le personnel éligible et les départs doit être large, ce qui n’est pas le cas », a ajouté Xavier Courtillat (CFDT). SFR, qui compte environ 10.000 salariés, a augmenté son chiffre d’affaires de 2,4 % à 10,6 milliards d’euros l’an dernier.