Drakkar, piège à frelon et surpiqûre... Nos initiatives préférées de la semaine

RATTRAPAGE Comment ça, on ne parle que des trains qui arrivent en retard? Voici sept initiatives en avance sur leur temps repérées par la rédaction de 20 Minutes cette semaine

Laurent Bainier

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L'association toulousaine Bátar se lance dans la   construction du drakkar le plus rapide du monde.
L'association toulousaine Bátar se lance dans la construction du drakkar le plus rapide du monde. — Bátar

Elles ne garderont pas vos enfants la semaine prochaine, mais elles vous changeront sans doute les idées. Voici les sept initiatives préférées de notre rédaction cette semaine. Pour en recevoir davantage encore chaque mercredi dans votre boîte mail, il suffit de vous inscrire ici :

1. Le prix Lepine qui pique les frelons

Son invention représente une alternative d’avenir aux destructions de nids de frelons asiatiques opérées par dizaines de milliers chaque année en France. « En 2019 dans le Finistère, on a détruit 6.000 nids. Et pourtant, il y en a toujours autant. Cela montre bien que le curatif n’a aucun effet sur la prolifération de l’espèce car à ce moment-là, les reines ont quitté le nid pour s’installer ailleurs », explique l’apiculteur breton Denis Jaffré.

Face au fléau que représente cette espèce invasive, il a inventé système de capture qui ne s’en prend qu’aux reines, les seules capables de monter une colonie et contrôler un nid. Vainqueur du prix Lépine en 2018, il rencontre un succès grandissant après avoir été longtemps snobé. A Biarritz, 63 pièges ont ainsi été installés et seront progressivement déplacés afin de couvrir l’ensemble de cette zone que beaucoup décrivent comme infestée. Les abeilles apprécient, les apiculteurs aussi…

2. Elle bat le confinement à plate couture

Elle aussi, pique et surpique. Mais elle n’est pas reine. Pas encore, du moins. Pauline Moisson, jeune étudiante strasbourgeoise, s’est lancée dans la couture sur mesure dès le premier confinement et redonne une seconde vie aux vêtements usagés, participant ainsi à lutter contre la « fast fashion ». Après s’être fait remarquer sur Instagram, elle va lancer sa boutique en ligne dimanche. Pourtant il y a un an, elle n’avait jamais touché la moindre machine à coudre. « Mais avec des tutos sur Internet, des livres et un peu de logique, c’était faisable », raconte la jeune étudiante de « nature curieuse, qui déteste s’ennuyer et est attirée par les travaux manuels. » L’Atelier Pauline sortira « deux fois par mois des collections capsules avec des pièces upcyclées uniques, réalisées à la main et éco-confectionnées ».

3. Et le beau linge devient accessoire

A 800 kilomètres de là, Mathilde Godart s'est lancée elle aussi dans l’upcycling textile. Avec succès. La jeune femme a monté Maison Pépite, une marque d’accessoires écoresponsables confectionnés à partir de linge d’hôtel de luxe. Avant de créer sa ligne, elle a tapé à la porte des palaces du Sud de la France où elle venait de s’installer. « Je ne savais pas du tout s’ils étaient dans une démarche verte et responsable, je leur ai proposé de récupérer leurs textiles dormants ou destinés à être jetés »

De cette première tournée, elle est revenue avec six tissus. « Tous les coloris matchaient, c’est du hasard ! En voyant les tissus, comment ils répondaient, j’ai eu l’idée de la collection d’accessoires plutôt que de vêtements. » Mathilde Godart lancera son e-shop en juin, et réfléchit déjà à une seconde collection avec des accessoires pour les hommes. Pour élargir son stock de tissus, elle entend nouer des partenariats avec d’autres palaces. Qui seront sans doute séduits par l’accueil fait à sa première collection.

4. Elle monte sa boîte et l’envoie par la Poste

A l’origine, Aurélie Bannwarth voulait ouvrir un salon de thé avec des livres et des jeux de société. Mais le Covid-19 a bouleversé ses plans. De Loup-Garou et de scones, il ne sera plus question. L’Alsacienne garde en revanche les bouquins et monte la box Second Souffle : une box avec abonnement avec des livres… d’occasion.

Le principe reste simple, avec de nombreuses formules possibles : un ou plusieurs mois à un ou deux livres, une pour les enfants de 3 à 10 ans, une pour les familles, etc. « Dans tous les cas, la personne qui s’inscrit remplit ensuite un questionnaire avec ses goûts. Puis je lui fais une suggestion avec le titre et un résumé de l’œuvre. Si elle l’a déjà lu ou que ça ne lui plaît pas, je fais une autre proposition », détaille l’entrepreneuse, qui choisit un livre au milieu des « 400 achetés à des particuliers à droite à gauche » des derniers mois. Tous en format poche car « c’est pratique, léger et ça rentre bien dans une boîte aux lettres. »

5. A l’Ehpad sans paddle

Dans les établissements pour personnes âgées, c’est aux jeux vidéo qu’on s’adonne de plus en plus désormais. Partant de ce constat, la start-up montpelliéraine NaturalPad a décidé de mettre le potentiel des consoles pour la rééducation des seniors. Leur outil Medimoov propose ainsi au patient d’effectuer des mouvements, utiles pour ses soins, en s’adonnant à des jeux devant un téléviseur : tirer sur des bateaux pirates, attraper des ballons en déplaçant un avion, cueillir des fleurs dans un champ, ou aider un cuisinier à préparer son plat en récupérant des ingrédients.

Il n’y a pas de manette, ni dispositif particulier : Medimoov est basé sur une Kinect de Microsoft, qui capte les mouvements du joueur via une petite caméra. Le dispositif a déjà été adopté en France par une centaine d’Ehpad, d’hôpitaux, de centres pour personnes handicapées et de cliniques de rééducation.

6. Le gang de l’hybride de mer

A Arcachon, la start-up BlueNav connaît elle aussi un beau succès. Son produit phare est une solution d’hybridation pour les moteurs de bateaux de plaisance. « Quand on navigue avec un moteur thermique, il y a des vibrations, du bruit, des odeurs et de la pollution, énumère Thomas Frouin, cofondateur avec son père Hervé de la société. L’électrique résout ces problèmes mais comme son développement n’est pas encore complètement abouti, on veut amener la solution de transition jusqu’à ce que l’électrique soit 100 % fiable. »

Leur solution permet d’équiper un bateau avec des turbines électriques tout en conservant le moteur thermique, et de passer de l’un à l’autre très rapidement. « Quand on veut profiter d’un moment en famille, prendre l’apéro, sans bruit, on peut être en électrique, suggère le cofondateur. Il propose un mode balade, avec une vitesse de sept à huit nœuds. » La société prévoit d’employer une quarantaine de personnes au total d’ici fin 2022.

7. Bátar, viking of New York

Pour traverser l’Atlantique, le collectif Bátar compte sur un autre moteur : la passion. Ces ingénieurs toulousains construisent depuis dix ans des drakkars qu’ils font naviguer le long des côtes européennes. Ils se lancent à présent dans un défi un peu fou : fabriquer un drakkar de 28 mètres de long et, en 2024, rallier New York à son bord. « Pour le réaliser, nous allons utiliser du lamellé-collé de pin et châtaignier, des matériaux plus légers et qui permettent d’aller plus vite. Ce sont des techniques modernes, mais on considère que si les Vikings l’avaient construit ils l’auraient fait avec ces matériaux-là », décrit Arnaud Huvelin, alias Bjorn, l’un des membres du collectif qui fait partie d’une association internationale de bateaux vikings.

L’équipe peaufine actuellement les détails de son projet hors normes, qui, grâce aux matériaux choisis et à « l’ingénierie pirate », pourra au moins atteindre la vitesse de 18 nœuds, faisant de ce drakkar toulousain le plus rapide du monde. Il devrait être prêt en 2023, ça nous laisse le temps de vous en reparler.