Marseille : La mairie compte sur l'aide de l'Etat pour rénover les écoles

EDUCATION La ville de Marseille va voter lors du prochain conseil municipal la rénovation de plusieurs écoles au cœur de l’ancien PPP controversé, et qui devrait être financée par l’Etat

Mathilde Ceilles
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Illustration de travaux dans une école de Marseille
Illustration de travaux dans une école de Marseille — Mathilde Ceilles / 20 Minutes
  • Vendredi, lors du conseil municipal, la ville de Marseille vote la réhabilitation de cinq écoles GEEP, pour un coût total de 85 millions d’euros.
  • Mais alors que la dette de la ville est particulièrement importante, Benoît Payan compte sur le soutien d’Emmanuel Macron pour financer ces travaux.
  • Une rencontre avec le président de la République va être organisée pour que le gouvernement investisse plusieurs centaines de millions d’euros dans les écoles marseillaises.

Que faire des 32 écoles GEEP à Marseille, ces écoles particulièrement vétustes, voire dangereuses, fréquentées par des centaines d’écoliers ? Après des années de polémique sur le délabrement des écoles, l’ancien maire LR Jean-Claude Gaudin ​avait d’abord envisagé de les raser et faire reconstruire. Mais le partenariat public-privé monté pour l’occasion annulé par le tribunal administratif, la question était restée en suspens. Finalement, la nouvelle majorité opte pour la réhabilitation, à commencer par cinq d’entre eux dans les quartiers Nord, dont les travaux sont votés vendredi au conseil municipal.

« Il s’agit d’une réhabilitation complète, détaille Pierre-Marie Ganozzi, adjoint en charge du plan école. On va enlever les plaques d’amiante, désosser la structure, les rendre imperméables et résistantes au feu, ce qui n’était pas le cas actuellement, pour ensuite reconstruire. On est dans l’ambition de faire du neuf avec de l’ancien. »

85 millions d’euros

Un chantier complexe qui coûte la bagatelle de 85 millions d’euros pour seulement cinq groupes scolaires. Aussi, pour cette première salve de rénovation, la nouvelle majorité, qui votera également vendredi son premier budget, contraint par une dette colossale, compte, pour mener à bien ce projet phare, sur l’aide… d’Emmanuel Macron.

Le maire socialiste Benoît Payan souhaite en effet faire financer ces travaux dans les écoles par l’Etat. . « Nous avons choisi ces cinq GEEP par rapport à des contraintes de financement du plan de relance du gouvernement, détaille Pierre-Marie Ganozzi. Il fallait proposer avant la fin du mois d’avril un dossier clé en main pour pouvoir le financer, avec la condition sine qua non que ces écoles se trouvent en zone Anru. »

Un financement « à 90 % par l’Etat »

Il y a quelques semaines, une rencontre a été organisée à l’Elysée entre l’édile et le président de la République, sans qu’aucun engagement formel du gouvernement n’en ressorte. « Pour ces cinq écoles, j’ai bon espoir que ce financement soit assuré à 90 % par l’Etat », affirme Pierre-Marie Ganozzi.

Quid des autres écoles GEEP, dont la dangerosité inquiète les parents d’élèves ? « Nous aimerions lancer la rénovation d’une deuxième salve assez rapidement, promet Pierre-Marie Ganozzi, sans avancer de calendrier. En attendant, nous mettons en place une stratégie pour améliorer la sécurité des enfants, en en multipliant les capteurs ou les alarmes incendies dans la totalité des pièces. »

« On a vendu du rêve »

« C’est une première accroche, mais ce n’est pas suffisant par rapport aux attentes de Marseillais, s’agace Catherine Pila, cheffe de file LR au conseil municipal. Ce sont des mesurettes, une fois de plus. On a vendu du rêve à un certain public, mais rien ne bouge. Rien ne change. » Pendant la campagne, le Printemps marseillais avait effet promis l’investissement d’un milliard d’euros dans l’ensemble des 470 écoles marseillaises dans un plan pour les écoles érigé en priorité suprême.

« Nous sommes en train de le finaliser, tempère Pierre-Marie Ganozzi. Nous avons quelques ajustements à faire avec les maires de secteur, et il sera proposé d’ici quelques semaines. » Reste toutefois à déterminer le financement de ces travaux dans les écoles. Là encore, sur ce sujet devenu hautement polémique, la mairie de Marseille attend un investissement financier colossal de l’Etat.  « Nous retournons avec Benoît Payan voir le président de la République au début du mois de mai, prévient Pierre-Marie Ganozzi. S’il nous permet de financer 600 millions, ce sera parfait. Si on n’a que 100 millions, on sera mécontent… »