Colmar : Trop d’incivilités et d’infractions, la ville passe à la vidéoverbalisation

T'ES VU T'ES PRIS Stationnement sur les trottoirs, refus de priorité piétons, dépôts sauvages d’ordures… La ville de Colmar passe à la vidéoverbalisation

Gilles Varela

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Illustration dans un centre de supervision urbain.
Illustration dans un centre de supervision urbain. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES
  • La ville de Colmar, confrontée à de nombreuses incivilités, va mettre en place la vidéo verbalisation.
  • L’objectif est principalement de lutter contre les dépôts sauvages de déchets, les stationnements abusifs et les infractions au Code de la route.

Il va falloir filer droit à Colmar. Son conseil municipal s’est en effet prononcé, lors de sa dernière assemblée, en faveur de la vidéoverbalisation. Face au « nombre croissant des incivilités » remontées aux oreilles de la police ou même de ses élus, et l’impossibilité souvent d’y remédier faute d’agents de police municipaux suffisants, la ville a décidé de s’équiper. Tout d’abord d’un logiciel spécifique à la vidéoverbalisation mais aussi d’accorder de nouvelles compétences à ses quatre agents assermentés du centre de supervision urbain (CSU).

Dans l’œil du cyclone, (et surtout de ses 103 caméras déployées sur six quartiers) : les stationnements abusifs, le non-respect du code la route, mais pas seulement. Les autorités comptent également frapper fort pour lutter contre les dépôts de déchets ou d’encombrants «sauvages ».

Sept infractions priorisées

« C’est un outil pour aider nos policiers municipaux qui ne peuvent pas être partout sur le terrain et ne peuvent pas forcément prendre en flagrant délit les actes d’incivilités que l’on repère, explique la municipalité. Mais Colmar est une ville calme. C’est faire de la prévention finalement. On avait beau déployer des campagnes de communication, mettre en place un numéro vert pour éviter les dépôts sauvages par exemple, ça n’a pas suffi. Donc la collectivité a décidé d’aller un peu plus loin. »

Pour illustrer ses propos, la ville rappelle qu’en 2020, 180 dépôts « sauvages » (dont 107 auteurs identifiés) ont été constatés par la brigade verte et les policiers municipaux. « Et cela ne s’arrange pas vraiment. Depuis le début de l’année, 55 dépôts, dont 30 auteurs ont été identifiés, ont déjà été déclarés. »

Sur les 23 infractions « vidéo-verbalisables » autorisées par le Code de la Sécurité
Intérieure, sept ont été priorisées par la ville de Colmar. A savoir les excès de vitesse (en fonction des circonstances), l’usage des voies réservées aux couloirs de bus et des pistes cyclables, le non-respect des sens interdits, des feux rouges, le refus de priorité aux piétons, l’usage des voies vertes et d’aires piétonnes, les dépôts d’immondices et, les dépôts sauvages. Quant aux données recueillies, elles pourront être conservées sur une période de six mois, ce qui permettra aux contrevenants, en cas de contestation, de solliciter les éléments de l’infraction. Au-delà de ce terme, ces éléments seront détruits rassure la ville.

Et il reste peu de temps pour se mettre dans les clous. Si la vidéoverbalisation n’est pas encore effective, la collectivité a en effet besoin d’acquérir des logiciels et des moyens techniques adaptés avant d’obtenir un arrêté préfectoral, sa mise en route est estimée au début de l’été.