Montpellier : Malgré la pression d'élus et d'associations, la métropole n'a pas banni la publicité de la ville

DEBAT Le thème a fait débat, ce lundi, lors du conseil de la métropole

Nicolas Bonzom
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Un panneau publicitaire, à Montpellier (Archives)
Un panneau publicitaire, à Montpellier (Archives) — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Dimanche, tandis que défilaient des centaines de personnes pour le climat à Montpellier, élus et associations demandaient à la métropole de bannir la publicité.
  • Ce lundi, lors du conseil métropolitain, la collectivité, à l'issue d'un débat houleux, en a réduit (un peu) la portée, mais ne l’a pas banni de la ville.
  • Ce vote a déçu les associations environnementalistes qui voyaient cette démarche une opportunité.

Dimanche, tandis que des centaines de personnes marchaient pour le climat dans les rues de Montpellier (Hérault), élus de l’opposition écologiste et associations environnementalistes exhortaient, sur les réseaux sociaux, Michaël Delafosse (PS) à bannir (ou du moins, à réduire) les panneaux publicitaires en ville. « De la continuité ou du courage ? », s’interrogeait le mouvement Nous sommes, sur Twitter. « On vous regarde ! », lâchait au maire le groupe ANV (Action non-violente) COP-21, qui défend la fin de la publicité en ville.

Mais si d’autres communes en France, comme Grenoble (Isère) dirigée par un maire EELV, ont sauté le pas ces dernières années, ce n’est pas, pour l’instant, dans les plans du maire (PS) et président de la métropole de Montpellier. Ce lundi, Michaël Delafosse, élu avec le soutien des écologistes, a fait voter lors du conseil métropolitain un « règlement local de publicité intercommunal » qui laisse encore le champ libre aux sucettes publicitaires.

Ce n’est « pas à la hauteur des enjeux »

Mais le nouveau dispositif, qui confère aux maires un pouvoir de police et protège les villages qui n’ont, aujourd’hui, aucun cadre juridique sur ce thème, restreint toutefois (un peu) la place accordée à la réclame sur le territoire : il autorise « à peu près 25 % de dispositifs publicitaires en moins sur la métropole », a expliqué Frédéric Lafforgue (LR), vice-président en charge de la voirie. Par ailleurs, la nouvelle réglementation réduit la taille des publicités numériques autorisées de 8 à 4 mètres carrés dans certaines zones.

Pour l’élue de l’opposition Alenka Doulain (Nous sommes), pour qui l’impact de la publicité sur le paysage et l’environnement est « catastrophique », ce n’est « pas à la hauteur des enjeux ». « Quelles sont les avancées ? Trop peu », regrette l’élue.

« Nous ne pouvons pas attendre »

Mathilde Borne (divers gauche), élue de l’opposition à Castelnau-le-Lez, voit dans la modification de la réglementation une « réelle opportunité pour améliorer la préservation de l’environnement et du cadre de vie ». Mais, poursuit-elle, le plan proposé par la métropole « manque malheureusement d’ambition ». « Les panneaux publicitaires lumineux et numériques sont de grandes sources de pollution, déplore-t-elle. Par leur consommation électrique : ces panneaux peuvent consommer autant d’électricité qu’un ménage de trois personnes. » Sans compter, poursuit-elle, l’impact de leur fabrication.

Chez les écolos de la majorité aussi, la décision fait grincer des dents. « Nous ne pouvons pas autant cautionner un règlement qui intègre des écrans numériques sans dire précisément quand, ni comment, nous les retirerons du paysage, gronde Célia Serrano (EELV). Notre mandat a commencé en juillet 2020. Nous ne pouvons pas attendre avant de lancer le projet de suppression de la pollution lumineuse que génère la publicité. » Pour l’élue, adjointe à l’enseignement artistique, cette « exigence de sobriété énergétique » serait même « au cœur » de l’élection du couple PS/Verts, en 2020.

« On ne veut pas faire Time Square ! »

« De nos centres anciens, de la Comédie, de l’Ecusson, on ne veut pas en faire Time Square ! », s’agace Frédéric Lafforgue, faisant allusion à cette célèbre place de New York, surplombée par les écrans publicitaires. Ce règlement, poursuit Michaël Delafosse, va notamment permettre de « retirer les enseignes qui abîment les façades haussmanniennes » sur la place de la Comédie. Et ce dispositif pourra être « révisé » régulièrement, pour « progresser, confie le maire. « On s’attendait à rien, et on est quand même déçu », a déploré, ce lundi, sur Twitter, le groupe montpelliérain ANV (Action non-violente) COP-21, après l’adoption, par le conseil métropolitain, de la nouvelle réglementation.

« Montpellier manque l’occasion de voter un règlement local de publicité ambitieux, choisissant d’écouter les afficheurs plutôt que les citoyens, regrette de son côté le collectif Résistance à l’agression publicitaire. Malheureusement classique. »