Coronavirus en Bretagne : L’épidémie gagne du terrain mais ce ne serait pas la faute des touristes

EPIDEMIE Le taux d’incidence est en nette progression dans l’ensemble de la région, surtout en raison de l’omniprésence du variant anglais

Camille Allain
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Illustration d'un train TGV de la SNCF en gare de Rennes.
Illustration d'un train TGV de la SNCF en gare de Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes
  • En Bretagne comme partout en France, l’épidémie de Covid-19 connaît un net rebond.
  • Les taux d’incidence grimpent en flèche et font craindre une dégradation de la situation hospitalière, déjà tendue dans Rennes Métropole et les Côtes d’Armor.
  • Souvent accusés de colporter le virus, les touristes et visiteurs extérieurs ne seraient a priori pas les principaux vecteurs de transmission.

« Les chiffres ne sont pas bons ». Les quelques mots d’introduction du directeur de l’Agence régionale de santé bretonne ont rapidement résumé la situation de l’épidémie de coronavirus en Bretagne. Souvent considérée comme « relativement épargnée » par le Covid-19​, la péninsule française est confrontée à une nette détérioration de ses indicateurs. Vendredi, le taux d’incidence régional était de 167 cas pour 100.000 habitants. Un chiffre encore bien inférieur à la moyenne nationale (325 cas en métropole) mais qui connaît une progression spectaculaire. Dans les Côtes d’Armor, le taux d’incidence a ainsi bondi de 100 % en un mois, pour s’établir à 182. En Ille-et-Vilaine, département le plus touché, il est de 243 cas et a augmenté de 60 %. Seul le Finistère est préservé avec un taux de 76 en légère augmentation là aussi.

Cette flambée, on ne la doit a priori pas au variant breton, dont la propagation semble largement limitée et contenue au seul territoire de Lannion. L’arrivée de touristes lors des dernières vacances scolaires aurait-elle détérioré la situation locale ? Ou plus récemment, l’afflux soudain de Parisiens et d’habitants d’Ile-de-France fuyant le confinement de la capitale, plus durement touchée ? Les autorités sanitaires n’y croient pas. « On n’a jamais pu établir de corrélation », assure Stéphane Mulliez. Pour justifier son propos, le directeur de l’Agence régionale de santé bretonne s’appuie sur les chiffres de l’épidémie. « Nous n’avons jamais connu d’à-coup dans la hausse des taux d’incidence. Pendant plusieurs semaines, la Bretagne a vécu sur un plateau. Elle connaît actuellement une augmentation du nombre de cas mais la hausse est régulière », poursuit-il. Le véritable responsable de cette hausse, ce serait davantage le variant anglais, plus contagieux, qui se retrouve dans plus de 80 % des cas positifs dans la région.

Les transmissions dans les écoles en hausse

A chaque exode, des voix s’élèvent pourtant pour critiquer les flux de population. A quelques heures de l’annonce du durcissement des contraintes sanitaires en Ile-de-France, plusieurs trains bondés avaient été observés à Vannes, notamment, où beaucoup de familles aisées disposent d’une résidence secondaire. Difficile cependant de mesurer l’impact de ces déplacements de population. « D’autant que pendant les vacances, il y a davantage de mobilités mais pas d’activité scolaire », précise l’ARS. Longtemps contestée, la transmission du virus dans les écoles semble aujourd’hui établie et plus de 3.000 classes étaient fermées en France ce vendredi selon les chiffres du ministère de l’Education nationale. A Rennes, le collège Sainte-Thérèse vient d’être fermé après l’apparition de 14 cas positifs. Même sanction pour l’école Eric Tabarly, dans la commune voisine de Vezin-le-Coquet.

Relativement épargnée par l’épidémie, la Bretagne voit depuis un mois, comme toute la France, ses indicateurs se dégrader. En un mois, le taux d’incidence a ainsi progressé de 56 %, contre 50 % pour l’ensemble de la France. Dans les Côtes d’Armor, cette progression est même de 100 %, notamment en raison de la grande transmissibilité du variant anglais, qui représente plus de 80 % des cas positifs enregistrés dans la région. La métropole rennaise fait notamment l’objet d’une attention particulière avec un taux d’incidence qui flirte avec les 300 cas pour 100.000 habitants. « L’augmentation est surtout significative chez les 16-35 ans », précise l’ARS, rappelant au strict respect des gestes barrière. C’est sans doute là que se cache le rebond de l’épidémie.