Coronavirus : Confiance dans les vaccins, peur d’AstraZeneca, oui au pass sanitaire et au passeport vaccinal… Les infos à retenir de notre Baromètre sur le Covid-19

INFO «20 MINUTES» Le Baromètre de la santé YouGov pour « 20 Minutes », en partenariat avec Doctissimo, dévoile qu’à l’heure d’un renforcement des restrictions sanitaires qui plombe leur moral, les Français sont de plus en plus nombreux à vouloir se faire vacciner contre le Covid-19

Anissa Boumediene

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Les Français sont davantage prêts à se faire vacciner, mais pas avec le sérum d'AstraZeneca, indique notre Baromètre de la santé.
Les Français sont davantage prêts à se faire vacciner, mais pas avec le sérum d'AstraZeneca, indique notre Baromètre de la santé. — Syspeo / Sipa
  • Chaque mois, 20 Minutes, en partenariat avec Doctissimo, présente son Baromètre de la santé YouGov sur les connaissances et les comportements des Français vis-à-vis du coronavirus.
  • Alors qu’une partie des Français sont reconfinés, ils sont de plus en plus nombreux à vouloir se faire vacciner contre le coronavirus.
  • Par ailleurs, un Français sur deux est prêt à accepter un système de pass sanitaire et de passeport vaccinal pour accélérer le retour à une vie normale.

Troisième confinement pour troisième vague. Alors que le coronavirus poursuit sa flambée en raison de la diffusion du variant anglais, menant les hôpitaux au bord de la saturation, le gouvernement a annoncé jeudi soir l’élargissement territorial des restrictions déjà en vigueur dans 16 départements. Dans cette formule, les écoles restent ouvertes, les salariés qui le peuvent sont invités à télétravailler au moins quatre jours sur cinq, les déplacements interrégionaux sont proscrits et les commerces jugés «  non essentiels » baissent de nouveau le rideau. Mais oubliée la petite heure quotidienne de sortie, les Français reconfinés peuvent profiter de l’extérieur sans limite de temps.

Plus d’un an après le premier confinement, ces mesures dépriment un peu plus les Français, puisque 57 % affirment que le contexte a un impact négatif sur leur moral, soit 6 points de plus qu’en février, selon notre Baromètre de la santé  YouGov* pour 20 Minutes et Doctissimo. De nouvelles modalités qui sont comprises par deux tiers des Français, mais qui ne sont pas jugées proportionnées à la situation. Si 21 % des personnes interrogées estiment que c’est le meilleur compromis, 36 % déclarent que ce confinement n’est pas assez restrictif, quand 30 % le jugent inutile.

La saisonnalité du virus en question

« Le "pari" a été fait de gagner du temps, rappelle le Dr Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine). La pression épidémique impose de nouvelles mesures, mais le gouvernement a su évoluer en proposant un "confinement extérieur", qui permet de vivre davantage dehors, où le risque de contamination est beaucoup plus faible », insiste l’infectiologue.

Désormais, « la question qui va se poser est celle de la saisonnalité du coronavirus, poursuit-il. Chaque année, la grippe saisonnière s’éteint fin mars, et l’année dernière, le pic épidémique de la première vague a été passé le 10 avril. Donc on va rapidement voir si le schéma se reproduit et si on réussit à vaincre l’épidémie sans faire porter un fardeau psychologique et économique trop lourd aux Français ».

Les Français plus nombreux à vouloir se faire vacciner…

Un contexte qui, dans le même temps, convainc de plus en plus de Français de sauter le pas de la vaccination. Car s’ils sont traditionnellement parmi les plus défiants du monde, les mentalités évoluent. Désormais, près de 6 personnes sur 10 (58 %) disent vouloir aller se faire vacciner, soit 4 points de plus en un mois, toujours selon notre baromètre YouGov. « Aujourd’hui, on sait que la vaccination fonctionne : plus de 90 % des résidents d’Ehpad ont été vaccinés. On voit que cela a considérablement freiné l’épidémie sur les sujets les plus à risques et réduit drastiquement les hospitalisations dans cette classe d’âge. Et au Royaume-Uni et en Israël, où l'on a vacciné massivement, il n’y a presque plus de morts », souligne le Dr Davido.

Des résultats qui convainquent parmi les plus frileux. « Les Français se rendent compte que personne n’est invulnérable face à cette maladie, insiste l’infectiologue. Le virus se réveille dès que les mesures barrières faiblissent. Or, aujourd’hui, on est à la troisième vague, avec l’impression d’une pandémie sans fin. Donc l’opinion bascule, l’envie de sortir de cette crise dépasse la peur éventuelle du vaccin ».

Un changement que l’infectiologue, qui vaccine les soignants contre le Covid-19, observe parmi ses collègues : « A l’hôpital aussi, les soignants n’en peuvent plus de la pandémie : depuis la première vague, ils voient les brancards arriver, les gens mourir et ils veulent que ça cesse. Après tout, on se vaccine depuis longtemps pour se protéger des maladies ; c’est une méthode protectrice douce et efficace ».

… Mais pas avec AstraZeneca

En revanche, le vaccin AstraZeneca, suspecté d’être lié à des cas de thrombose, accuse  un gros déficit de confiance. Seuls 4 Français sur 10 sont encore prêts à recevoir ce sérum. « Un résultat cohérent, estime le Dr Davido, puisqu’il a été la cible de toutes les critiques ». Avec AstraZeneca, « on a créé l’idée que c’est un vaccin de deuxième rang, analyse l’infectiologue. Il a fait l’objet de cibles vaccinales changeantes : d’abord les plus jeunes, puis les plus âgés. Il n’a jamais été recommandé pour l’ensemble des personnes éligibles. Alors que Pfizer et Moderna peuvent être administrés à tout le monde, et sont donc perçus comme plus sûrs. Si au départ, l’ARN messager a suscité des craintes parce que c’était une technologie nouvelle, aujourd’hui les gens sont davantage rassurés. Y compris les soignants, qui sont bien contents de recevoir du Pfizer maintenant que l’AstraZeneca est réservé aux plus de 55 ans ».

Conséquence : plus d’un quart des personnes interrogées (27 %) ne seraient pas prêtes à se faire vacciner avec AstraZeneca. De son côté, le gouvernement rappelle que des livraisons massives de Pfizer sont attendues au deuxième trimestre.

Pass sanitaire et passeport vaccinal pour un retour à la vie normale

De quoi assurer la poursuite de la campagne de vaccination et espérer un retour prochain à une vie normale. Et pour cela, pass sanitaire et passeport vaccinal pourraient être de mise. Le premier, prouvant que l’on n’est pas contaminé par le Covid-19, serait à présenter à l’entrée des restaurants, musées et autres cinémas. Le second, prouvant que l’on est vacciné et immunisé, serait le sésame pour pouvoir de nouveau voyager et parcourir le globe. Et plus d’un Français sur deux (52 % pour le pass et 50 % pour le passeport) est prêt à s’y soumettre.

« L’objectif d’avoir vacciné tous ceux qui le souhaitent d’ici à cet été sera très difficile à tenir. Les jeunes seront les derniers éligibles, donc les derniers à retrouver leur liberté de voyager, relève le Dr Davido. Or, c’est un public accro au smartphone et avide de retrouver une vie sociale, qui serait donc susceptible d’adhérer à un outil informatique, une appli, lui permettant de fréquenter à nouveau tous ces lieux de vie. Ce serait simple et efficace : on se fait tester, par PCR ou test antigénique, et si le résultat est négatif, on charge un QR code dans l’appli dédiée et on peut sortir comme on veut ».

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* L’enquête a été réalisée sur 1.000 personnes représentatives de la population nationale française âgée de 18 ans et plus. Le sondage a été effectué en ligne, sur le panel propriétaire YouGov France du 19 au 21 mars 2021.