Coronavirus à Montpellier : Face à la crise, il transforme son restaurant en supérette

RECONVERSION Son établissement oriental, à la solide réputation, a laissé place à une épicerie de proximité

Nicolas Bonzom
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Tagedine Messouak, dans sa nouvelle supérette, à Montpellier
Tagedine Messouak, dans sa nouvelle supérette, à Montpellier — N. Bonzom / Maxele Presse
  • A Montpellier, un restaurateur a décidé, face à la crise, de transformer son établissement, qui proposait une cuisine orientale très appréciée, en supérette.
  • Si, avec son offre à emporter, les clients étaient ravis et les commentaires élogieux sur Internet, la demande n’était pas suffisante « pour que ce soit viable ».
  • « Il ne faut pas baisser les bras face à la crise, reprend le Montpelliérain. Lorsque l’on est entrepreneur dans l’âme, il ne faut pas cesser d’entreprendre. »

« J’ai encore des personnes qui m’appellent, elles veulent des couscous ! », sourit Tagedine Messouak. Pourtant, 22, place du Millénaire, à Montpellier (Hérault), on ne prépare plus ni couscous, ni tajine, depuis le début de l’année. L’entrepreneur, dont le restaurant, spécialisé dans la cuisine orientale, faisait le bonheur des gourmands depuis 2019, a décidé, en raison de l’épidémie de Covid-19, de transformer son établissement… en supérette. Le Dar Tej est devenu Antigone Market.

« J’ai toujours eu un esprit combatif, confie ce patron, qui a pratiqué le karaté à haut niveau. Nous avons essayé, pendant de longs mois, de faire tourner le restaurant, en proposant des plats à emporter, depuis le premier confinement. Les partenaires pour la livraison prennent tout de même 30 % de commission… » Mais, poursuit Tagedine Messouak, si les clients étaient ravis et les commentaires élogieux sur Internet, la demande, elle, n’était pas suffisante « pour que ce soit viable ».

« Il faut savoir rebondir ! »

« Et se résigner à rester fermé, ce n’était pas vraiment mon truc », confie le Montpelliérain, dont le récit est interrompu par le traditionnel « ding dong » des petites épiceries. Un jeune homme vient acheter de quoi boire l’apéritif. « Vous vous êtes reconvertis ? Tant mieux, il faut savoir rebondir ! », s’étonne le client.

Tagedine Messouak, ancien cadre dans la distribution, avait déjà en tête le projet d’ouvrir une supérette. L’épidémie de Covid-19, qui a contraint à fermer les tables de son restaurant, lui a donné l’occasion de le réaliser. En quelques semaines, l’entrepreneur a commandé des étagères, des gondoles, un tapis de caisse, et a sollicité des fournisseurs. Si les cuisiniers ont quitté l’établissement pour travailler ailleurs, les deux serveuses, elles, ont suivi une formation et travaillent aujourd’hui à la supérette.

« Il ne faut pas baisser les bras face à la crise, reprend-il. Lorsque l’on est entrepreneur dans l’âme, il ne faut pas cesser d’entreprendre. » Et, poursuit-il, « tout le mobilier, la décoration, les tableaux, les meubles du restaurant, qui étaient le fruit d’un long travail de recherches » et qui donnaient au Dar Tej une ambiance si particulière, sont précieusement conservés par l’entrepreneur. Et le Montpelliérain n’exclut pas de redonner vie à son restaurant oriental. Dans ce local de la place du Millénaire, ou ailleurs. « Quand les beaux jours reviendront ! », sourit Tagedine Messouak.