Coronavirus à Rennes : « On se croirait aux Restos du Cœur »… A Rennes 2, la distribution alimentaire ne désemplit pas

SOLIDARITE Plus de 300 étudiants et étudiantes font la queue chaque semaine sur le campus de Villejean pour remplir leur frigo

Jérôme Gicquel
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Une distribution alimentaire est organisée chaque mercredi après-midi sur le campus de Villejean à Rennes.
Une distribution alimentaire est organisée chaque mercredi après-midi sur le campus de Villejean à Rennes. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • Une distribution alimentaire est organisée chaque semaine sur le campus de Villejean à Rennes pour faire face à la précarité étudiante.
  • Plus de 300 étudiants font chaque mercredi après-midi la queue pour remplir leur frigo.
  • De nouvelles aides d’urgence vont être mises en œuvre prochainement par la métropole pour venir en aide à cette jeunesse désemparée.

Devant l’entrée du bâtiment Ereve sur le campus de Villejean à Rennes, la file d’attente s’étend sur plusieurs dizaines de mètres. Un tote bag à la main, plus de 300 étudiants et étudiantes attendent comme chaque mercredi après-midi la distribution de colis alimentaires. « On se croirait aux Restos du Cœur ! », plaisante l’un d’eux. Le jeune homme n’a pourtant pas le cœur à rire. Comme tant d’autres, il peine à remplir son frigo depuis le début de la crise sanitaire et s’est donc résolu à solliciter une aide alimentaire. « On est beaucoup dans ce cas dans mon entourage », assure-t-il.

Plus de 300 étudiants attendent chaque semaine la distribution alimentaire.
Plus de 300 étudiants attendent chaque semaine la distribution alimentaire. - J. Gicquel / 20 Minutes

Face à cette précarité grandissante, l’Union Pirate, principal syndicat étudiant à Rennes 2, a donc décidé en février de mettre en place ces distributions alimentaires hebdomadaires. Chaque bénéficiaire repart avec, dans son sac, sept produits de première nécessité ainsi que quatre fruits et légumes et quelques produits d’hygiène. Les aliments proviennent pour beaucoup de dons de la Banque Alimentaire mais aussi de collectes réalisées dans des supermarchés ou chez des commerçants de la région. Les collectivités sont également mobilisées pour venir en aide à cette jeunesse désemparée qui n’arrive pas à joindre les deux bouts.

« Les collectivités pallient à l’inaction de l’État »

« La précarité existait déjà avant mais la crise n’a fait que l’amplifier », souligne Fabien Caillé, vice-président étudiant de l’université Rennes 2, qui a vu débarquer de nombreux nouveaux bénéficiaires. S’il salue le soutien des collectivités qui fournissent « un appui important en cette période difficile », il estime toutefois que ces aides font un peu office de « rustines ». « Elles pallient à l’inaction de l’État, assure le jeune homme. Car si les gens font la queue pour des paniers d’une dizaine d’euros, c’est que le problème est plus profond ».

Fabien Caillé espère aussi que ces aides ne s’arrêteront pas une fois que la crise sera derrière nous. « La question de la précarité étudiante ne peut pas être traitée de manière ponctuelle », souligne le vice-président de l’université.

Les maisons de quartiers bientôt ouvertes aux étudiants

Mais l’urgence est là et oblige la métropole rennaise à prendre de nouvelles mesures, d’un montant de 150.000 euros, qui seront proposées au vote au conseil métropolitain le 1er avril. Outre des subventions qui seront versées aux épiceries solidaires ainsi qu’au Crous pour la distribution de produits d’hygiène, deux postes d’assistants de service social vont également être financés pendant trois mois « afin de répondre à la détresse psychologique », souligne Tristan Lahais, vice-président de la métropole chargé de la jeunesse et de la vie étudiante.

Un projet de Night Line, un service d’écoute tenu par et pour des étudiants en soirée est aussi en projet pour la rentrée de septembre. Pour rompre l’isolement des étudiants, ces derniers pourront enfin « coworker » dans les maisons de quartiers de la ville qui tournent actuellement au ralenti. Les premières devraient ouvrir leurs portes dès lundi dans la capitale bretonne.