Marseille : « Maison Pépite » récupère les textiles des hôtels de luxe pour en faire des accessoires bord de mer

MODE Une première ligne d’accessoires, en prévente en ligne, est née de l’upcycling de tissus donnés par de grands hôtels de la région

Caroline Delabroy
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Maison Pépite recycle des tissus de grands hôtels
Maison Pépite recycle des tissus de grands hôtels — Agathe Boudin
  • La toute jeune marque marseillaise écoresponsable Maison Pépite recycle et valorise des tissus d’hôtels de luxe de la région.
  • Après une première collection d’accessoires en prévente, un e-shop devrait être lancé en juin.

Elle voulait monter un projet de mode responsable basé sur « l’upcycling ». Pour cela, Mathilde Godart a fait deux choses : d’abord quitter Paris pour Marseille, puis toquer à la porte des hôtels de luxe du sud de la France. « Je ne savais pas du tout s’ils étaient dans une démarche verte et responsable, je leur ai proposé de récupérer leurs textiles dormants ou destinés à être jetés », rembobine la jeune fondatrice de Maison Pépite.

De cette première tournée, elle est revenue avec six tissus, provenant de trois hôtels différents. « Tous les coloris matchaient, c’est du hasard ! En voyant les tissus, comment ils répondaient, j’ai eu l’idée de la collection d’accessoires plutôt que de vêtements. » Avec la styliste Jocelyne Faubert, rencontrée via un cercle de créatrices d’entreprise, elle conçoit une première série de pochettes, bandeaux et chouchous à clipser, à l’esprit très bord de mer.

La prévente en ligne, qui met en scène une belle mixité d’âges et de femmes, décolle aussitôt. L’histoire du tissu est à chaque fois racontée, comme ce jaune mimosa dont on apprend qu’il provient du rideau d’un palace situé sur la baie de Pampelonne, entre Saint-Tropez et Ramatuelle. Ou ce bleu nuit des jupes de lit de l’Intercontinental à Marseille, dont les clients peuvent aujourd’hui découvrir les re-créations par Maison Pépite, dans une vitrine à l’entrée.

Label clef verte

La gamme de couleur Prune a, elle, été taillée dans un ancien tissu d’ameublement de l’hôtel La Résidence du Vieux-Port. Estelle Benzakin, attachée commerciale et communication de l’établissement, se rappelle le jour où la créatrice est venue le chercher : « Il était stocké dans une salle, on ne les utilisait jamais, je crois qu’on a pu donner quatre mètres. »

Quand on s’étonne peut-être du prix des accessoires (47 euros la pochette plage et ville, ou 20 euros le chouchou), Mathilde Godart rappelle tout le processus de valorisation pour donner une seconde vie haut de gamme aux tissus. « Il faut les récupérer, les laver, repasser, puis il y a tout un travail de fabrication et de production à la main, c’est du local. » Sans compter les petits détails qui comptent, comme le tissu imperméable à l’intérieur des pochettes, pour aller de la plage à la ville, ou le clip du chouchou pour l’accrocher facilement à l’échelle d’une piscine, à un sac, ou dans sa salle de bains.

Mathilde Godart compte lancer son e-shop en juin, et réfléchit déjà à une seconde collection avec des accessoires aussi pour les hommes. Pour élargir son stock de tissus, elle entend nouer des partenariats avec d’autres palaces. Qui seront sans doute séduits par l’accueil fait à sa première collection. Et aussi par la démarche de recyclage gagnant-gagnant : « Nous avons le label Clef verte depuis janvier 2021, et ce partenariat avec cette marque écoresponsable a plu au jury venu faire l’audit, il nous a valu des points bonus », raconte ainsi Estelle Benzakin de l’hôtel La Résidence du Vieux-Port.