Toulouse : Et si vous faisiez avancer la science en vous prenant pour un pilote de voiture autonome ?

TECHNOLOGIES Dans le cadre d'une étude pour faire avancer la prévention des risques liés à la conduite de voiture autonome, une chercheuse toulousaine propose à des conducteurs de participer à une expérimentation

Béatrice Colin

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Dans le simulateur de voiture autonome du Laboratoire de psychologie et ergonomie cognitive de l'université Jean-Jaurès de Toulouse.
Dans le simulateur de voiture autonome du Laboratoire de psychologie et ergonomie cognitive de l'université Jean-Jaurès de Toulouse. — UT2J
  • Une étude vient d’être lancée à Toulouse sur la conduite autonome avec pour objectif de déterminer les risques émergents de ce type de véhicules.
  • Dans ce cadre-là, une expérimentation de simulation est proposée aux volontaires au sein de l’Université Jean-Jaurès.

Jouer à Pokémon Go au volant, certains en rêvent, s’imaginant en train de faire la chasse aux œufs et autres Poké Balls pendant que leur voiture trace sa route toute seule. Pour l’heure, de rares privilégiés ont une automobile qui pourrait leur permettre de faire autre chose que de conduire. A terme, ces véhicules autonomes pourraient toutefois envahir les autoroutes françaises. De quoi susciter de nombreuses questions sur les risques qui pourraient en émerger et les facultés de chaque conducteur à reprendre le volant en cas de danger.

Pour anticiper ces réactions, une chercheuse toulousaine vient de lancer une expérimentation. Dans un simulateur installé au sein de l’Université Jean-Jaurès de Toulouse​, Sharon Ouddiz, doctorante au sein laboratoire de psychologie et ergonomie cognitive de Toulouse, met les automobilistes en situation dans une vraie voiture sur vérins hydrauliques. Et scrute de très près leurs réactions, que ce soit oculaires, cardiaque ou encore comportementale.

Grâce à la réalité augmentée, elle fait varier les situations, les fait jouer à des jeux, rêvasser ou encore se concentrer sur d’autres activités pour voir comment ils réagissent lorsqu’un danger survient ou que la voiture leur signale un problème. « Cela nous permet de voir, lorsqu’on est complètement inactif ou concentré sur une autre activité dans la voiture, s’il est plus difficile de reprendre le volant et d’être vigilant rapidement », explique Sharon Ouddiz.

Appel aux testeurs

A terme, tous ces constats pourraient servir à mettre en place une série d’instructions lors de l’usage d’une voiture en autonomie complète histoire d’éviter des carambolages en série. Et le niveau de conduite pourra être un facteur déterminant dans ce qu’il serait possible de faire ou pas. « Nous essayons par exemple de voir si un conducteur novice a plus de mal à reprendre le volant qu’une personne expérimentée. Avec la conduite autonome, nous allons aussi perdre une expertise routière, il faudra peut-être réfléchir à des recommandations pour imposer un certain nombre d’heures de conduites obligatoires avant l’usage de l’autonomie complète », poursuit la doctorante qui a commencé son étude il y a deux mois.

Aujourd’hui, une cinquantaine de conducteurs ont accepté de se prêter au jeu de la simulation. Mais en période de Covid, il est difficile de battre le rappel des étudiants sur le campus. La jeune chercheuse lance donc un appel aux amateurs de conduite de moins de 40 ans qui veulent s’immerger dans une voiture du futur*. Les amateurs de sensation qui veulent faire avancer la science peuvent aller se prendre pour les pilotes de demain.

*sharon.ouddiz@univ-tlse2.fr