Coronavirus : Le système scolaire sous tension avec la forte hausse des contaminations

EDUCATION NATIONALE La hausse des cas de Covid-19 et les lenteurs pour obtenir les résultats des tests salivaires font monter la grogne chez les syndicats et les parents d’élèves

20 Minutes avec AFP
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Dans une école maternelle (illustration).
Dans une école maternelle (illustration). — WITT/SIPA

Avec la troisième vague de la crise sanitaire, les temps sont difficiles dans l’Education nationale. L’école, qui a échappé aux dernières restrictions, « fonctionne comme elle peut » dans les zones sous tension mais pour combien de temps encore ? Malgré le contexte, maintenir les écoles ouvertes reste une priorité pour le gouvernement. Pour justifier cette stratégie, le ministre de l’Education ne cesse de le répéter : « on se contamine moins à l’école que dans le reste de la société ».

Problème : ces dernières semaines, les cas positifs chez les élèves et les enseignants et les fermetures de classe se sont multipliés. Selon les premières remontées des tests salivaires déployés depuis trois semaines, « 0,35 % à 0,5 % » des enfants sont positifs, selon Jean-Michel Blanquer, qui juge ce taux « contenu ». En dépit d’une augmentation en flèche qui a vu passer, en une semaine, le nombre de cas chez les élèves de 9.000 à 15.000, avec 2.018 classes fermées.

Sur le terrain, la grogne des enseignants commence à se faire entendre, notamment en Seine-Saint-Denis, département où le taux d’incidence est le plus élevé de France. « On fonctionne comme on peut […] impossible de respecter la distance d’un mètre en classe par exemple », raconte une professeure au collège Claude-Debussy à Aulnay-sous-Bois. Dans cet établissement, sur une équipe pédagogique de 101 personnes, 62 sont absentes.

La situation « est malheureusement critique dans un grand nombre d’établissements primaires ou secondaires, où on dispense une école au rabais depuis des mois », pointe Rodrigo Arenas, coprésident de la principale fédération de parents d’élèves, la FCPE. « Avec la vaccination des enseignants, les tests salivaires sont un élément-clé pour casser les chaînes de contamination alors qu’attend le gouvernement ? », s’interroge Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa. Les premiers tests n’ont en revanche pas toujours été efficaces. Une enseignante d’Argenteuil dans le Val-d’Oise raconte que « certains enfants testés ont reçu des résultats positifs… Une semaine après les avoir effectués ».

Le problème des collèges

Réunis par le ministère pour un point sanitaire mardi, les syndicats ont demandé « des mesures fortes et protectrices pour permettre le maintien des écoles ouvertes ». « Fermons tout de suite une ou deux semaines là où le Covid explose plutôt que de fermer toutes les écoles pendant trois ou quatre mois », suggère Stéphane Crochet. Les syndicats pointent aussi la situation sanitaire « très compliquée » dans les collèges et demandent l’application de la demi-classe dans les établissements des 16 départements concernés par le reconfinement.

Le ministre de l’Education nationale va donc devoir revoir sa copie. D’autant que dans son propre camp tous ne semblent pas complètement enclins à le soutenir les yeux fermés. Selon une source gouvernementale, Jean-Michel Blanquer est en effet « dans le déni de ce qui se passe dans les écoles ».