Lyon : « Le Rhône », « la Saône » et leurs deux lions ont définitivement quitté la place Bellecour

PATRIMOINE Les deux gigantesques sculptures, réalisées par les frères Coustou en 1721, vont être restaurées avant d’être exposées à l’intérieur du musée des beaux-arts de Lyon

Caroline Girardon

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Les allégories du Rhône et de la Saône, gigantesques sculptures, qui reposaient au pied de la statue équestre de la place Bellecour à Lyon, vont s'installer définitivement au musée des beaux-arts. Lancer le diaporama
Les allégories du Rhône et de la Saône, gigantesques sculptures, qui reposaient au pied de la statue équestre de la place Bellecour à Lyon, vont s'installer définitivement au musée des beaux-arts. — C. Girardon / 20 Minutes
  • Les allégories du Rhône et de la Saône, gigantesques statues se prélassant aux pieds du «Cheval» de la place Bellecour de Lyon ont définitivement quitté les lieux.
  • Elles ont été déposées pour être restaurées au musée des beaux-arts de Lyon.
  • Rares vestiges de la sculptures monumentales françaises du 18e siècle, ces deux bronzes étaient les seuls à être encore exposés en plein air et sans aucune protection.
  • Une fois réparés, ils seront installés à l’intérieur du musée des beaux-arts.

Pendant trois siècles, elles ont subi les aléas de la météo : tantôt brûlées par le soleil, tantôt battues par les pluies. Abîmées également par la pollution et dégradées par les incivilités. Elles ont dû accepter sans broncher d’être parfois chevauchées farouchement ou d’être ridiculisées pour les besoins d’un selfie, d’être aussi recouvertes d’autocollants et slogans en tout genre. Désormais, elles ont besoin de soins.

Les deux gigantesques statues de bronze, qui se prélassaient au pied du cheval de Louis XIV de la place Bellecour de Lyon, ont définitivement quitté les lieux. Les allégories du Rhône et de la Saône et leurs deux lions, réalisées par les frères Coustou en 1721, ont été transportées dans le cloître du musée des beaux-arts de Lyon. Et s’y installeront pour le reste de leur vie.

« Rares vestiges »

Ces imposants bronzes font partie « des rares vestiges du déploiement de la sculpture monumentale française du 18e siècle », rappelle Ludmila Virassamynaïken, conservatrice du musée. Ils étaient même les derniers de cette époque encore exposés en extérieur et sans protection. Sauvées lors de la Révolution française par le maire de Lyon, Luis Vitet, qui refusait qu’elles soient fondues comme toutes les effigies royales de l’époque, les deux statues n’ont pourtant pas été épargnées par la suite.

« Depuis 1857, les patines se délitaient », constate Ludmila Virassamynaïken. « Pour des yeux peu avertis, les sculptures n’ont pas l’air très abîmées mais elles le sont réellement, souligne à son tour Fanny Grué, l’une des restauratrices chargées de réparer les œuvres. La tête du lion qui accompagne l’allégorie de la Saône est toute fissurée, par exemple ». « On a découvert, lors de la dépose, une montagne de détritus jonchés à l’arrière des statues. C’est également un facteur important de la dégradation observée », complète sa collègue Gaëlle Giralt.

Des visites gratuites pour assister au travail de restauration

Les deux femmes commenceront à restaurer les bronzes dès le mois juin, en plein air dans le jardin du musée. Des sessions gratuites, permettant aux groupes de visiteurs de découvrir leur travail, seront proposées via un système de réservation en ligne.

« A l’automne, elles seront installées en intérieur, en bas de l’escalier d’honneur du palais Saint-Pierre (le nom du musée) », précise Sylvie Ramond, la directrice des lieux se félicitant de pouvoir offrir une vie plus apaisée aux œuvres de Coustou. L’année prochaine, « Le Cheval », statue équestre qui trône place Bellecour, devrait à son tour faire l’objet d’une importante restauration.

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