Magistrats : Polémique entre le syndicat de la magistrature et la Chancellerie autour du recrutement 2021

JUSTICE Selon le syndicat de la magistrature, les recrutements de magistrats sont trop faibles. De son côté, la Chancellerie affirme qu'ils ont augmenté de 10% en quatre ans

20 Minutes avec AFP

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L'école nationale de la magistrature (ENM) à Bordeaux en 2009.
L'école nationale de la magistrature (ENM) à Bordeaux en 2009. — PIERRE ANDRIEU / AFP

Combien de magistrats seront recrutés en 2021 ? Un arrêté fixant à 195 le nombre de places pour les concours d’accès à l'Ecole nationale de la magistrature (ENM) a déclenché une nouvelle polémique entre le syndicat de la magistrature et la Chancellerie.

« Recrutement de magistrats : le compte n’est pas bon », a dénoncé ce mardi le Syndicat de la magistrature (SM, classé à gauche) dans un communiqué. « Alors que le garde des Sceaux se vante d’un budget "historique", "arraché avec les dents", les recrutements de magistrats diminuent de manière notable », affirme le syndicat.

Quatre concours en France

Au cours des deux dernières années, rappelle le SM, 250 places avaient été ouvertes aux trois concours d’accès à l’ENM. Interrogée par l’AFP, la Chancellerie a dénoncé « une polémique montée de toutes pièces » et « une posture ». En 2021, a assuré la Chancellerie, « il y aura une création nette d’emplois de magistrats » avec « 50 postes supplémentaires ». « Ce n’est certainement pas à ce rythme que la France se mettra à niveau par rapport à ses homologues européens », a répondu le SM. « Avec un solde positif de 50 nouveaux magistrats par an (…) il faudrait plus de 150 ans à la France pour rejoindre la médiane des Etats du Conseil de l’Europe », a estimé le syndicat.

Les trois concours d’entrée ne sont pas la seule façon d’intégrer l’ENM. Un quatrième concours, dit « complémentaire », existe pour répondre aux besoins à court terme de la magistrature. Il s’adresse aux personnes ayant au moins sept ans d’expérience professionnelle dans des métiers du droit.

Il y a également un « recrutement sur titre », à savoir sur dossier, de professionnels du public ou du privé et une « intégration directe » après sept années d’activité. Le nombre de magistrats est passé de 8.427 en 2017 à 9.090 en 2021 (siège et parquet), soit une augmentation des effectifs de près de 10 %, selon les chiffres de la Chancellerie.