Coronavirus : « L’impression d’un tunnel sans en voir le bout »… Ils vivent leur second anniversaire confiné

VOUS TEMOIGNEZ Cette année encore, les béliers et les taureaux devront célébrer à la maison

Pierre Cloix

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Vous avez dit «blues»?
Vous avez dit «blues»? — Canva/20 Minutes
  • 16 départements sont à nouveau confrontés à une nouvelle forme de confinement
  • Pour des millions de personnes nées en mars/avril, il faudra souffler les bougies à la maison
  • Nous avons demandé à nos internautes comment ils le vivaient

Bis repetita. Cette année encore, l’épidémie de coronavirus et les mesures sanitaires qui l’accompagnent mettent un frein aux célébrations d’anniversaire de tous ceux qui ont le malheur d’être nés en mars et en avril (on croise les doigts pour vous, qui avez vu le jour en mai.)

Si le premier confinement a pris de court tout le monde, il avait l’avantage d’avoir l’ambition d’être le seul. Dix mois plus tard, vague après vague, l’horizon sans Covid n’a eu de cesse de s’éloigner. Nous voilà, un an après, dans une situation sensiblement semblable à celle que nous avions vécue en 2020. Alors, forcément, que ce soit pour les ados, les adultes ou les personnes âgées, la surprise a fait place à la lassitude : « Cette année encore, rebelote. Pas de fête d' anniversaire ! Cela devient vraiment difficile de ne pas pouvoir se réunir entre amis ou dans le cercle familial. Depuis un an, à chaque fois qu’on me demande mon âge, je suis obligée de réfléchir. Le fait de ne pas l’avoir fêté le dernier, mon cerveau n’a pas assimilé que j’avais pris un an. Dans 10 jours, ce sera pareil. Des coups de fil, des SMS et c’est tout. C’est vraiment très frustrant et démoralisant. Je me sens vraiment malheureuse… » Témoigne Delphine, née en avril. Elle n’est d’ailleurs pas la seule à « souffrir » de cette dissonance née d’un anniversaire manqué, c’est également le cas d’Elsa, qui le prend toutefois avec un peu d' humour : « Du coup, officieusement dans ma tête j’ai toujours 28 ans, et ça m’arrange moyen pour la retraite ça. »

Peine et temps qui passe

La longueur de cette crise a chamboulé le rapport que chacun entretien avec le temps et qu’on soit jeune ou vieux, on peut vite avoir l’impression de perdre prise sur le défilement des jours, des semaines, des mois : « L’année dernière je me rassurais en me disant que ce n’était que les 17 ans et que je pourrais me rattraper en faisant une fête pour ma majorité, mais une fois de plus je passe à côté de mon anniversaire. J’ai l’impression que la Covid nous vole une partie de notre jeunesse en nous privant de certains petits plaisirs de la vie… » regrette Eloïse. La jeune femme née en 2003 partage la même appréhension que Claude. Et pourtant cette dernière a presque 60 ans de plus : « Pour moi, qui ait 77 ans… Cette année encore ce sera sans les enfants et petits enfants. Un anniversaire d’une grande tristesse, l’impression d’un tunnel sans en voir le bout, la peur aussi de partir sans revoir les miens. Une bonne semaine avant j’avais prévu de réunir la famille, réfléchir au menu… C’était déjà commencer la fête, et puis la Covid en a décidé autrement. La tristesse et le désarroi sont là. »

Ils le fêteront, malgré tout

Des émotions qui pèsent lourd, sur le moral et sur le cœur. Pour certains, c’est même trop et ils le fêteront cette année, quoi qu’il advienne. Comme a pu le faire Nino : « J’ai fêté mon anniversaire avec 8 personnes malgré le confinement, sans aucun geste barrière. Nous en avons marre du Covid. » Christine est plus mesurée, toutefois elle ne loupera pas l’anniversaire de sa petite fille, pas cette fois : « Nous irons chez ma fille aînée et mon gendre fêter ses 3 ans, malgré la restriction des 10 kilomètres, mais avec avec toutes les précautions requises. L’an passé, ça a déjà été difficile pour nous de ne pas la voir, donc cette année hors de question, que nous ne soyons pas présents avec mon époux. »

Quoi qu’il en soit, que l’on soit respectueux des mesures sanitaires ou non, ce nouvel anniversaire aura un arrière-goût d’amertume (l’auteur de ces lignes peut en témoigner). Mais, et puisque cela fait du bien, notre lecteur Simon a un message pour tous les concernés : « Bon courage à tout le monde, nous nous en sortirons un jour, vous verrez ! » On croise les doigts.