ZAD du Carnet : L’évacuation « très bien avancée » malgré « les nombreux pièges » des opposants

EXPULSION Depuis mardi à l'aube, quelque 400 gendarmes procèdent dans le calme à l'évacuation de cette ZAD de Loire-Atlantique, installée il y a six mois

Julie Urbach, avec D. P.

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L'évacuation de la ZAD du Carnet, le 23 mars 2021
L'évacuation de la ZAD du Carnet, le 23 mars 2021 — S. Salom Gomis/ AFP
  • Un dispositif de 400 gendarmes a été mobilisé pour l’évacuation de la ZAD du Carnet.
  • Une cinquantaine d’occupants ont été délogés sans heurt, malgré « un terrain piégé », indique la préfecture.

Quatre heures après le début des opérations, l'évacuation de la ZAD du Carnet (Loire-Atlantique) semble toucher à sa fin. Depuis ce mardi, 7 heures, quelque 400 gendarmes avancent progressivement dans cette zone marécageuse de 400 hectares, bordée par la Loire. « L’opération n’est pas terminée mais elle est très bien avancée, a indiqué en fin de matinée le préfet de Loire-Atlantique, Didier Martin. Il reste une dizaine de personnes sur la cinquantaine qui se trouvaient sur place ce matin. Il n’y a aucun blessé de part et d’autre, malgré les nombreux pièges qui avaient été préparés par les opposants. »

Selon la gendarmerie, de nombreuses tranchées, barricades, mais aussi des cocktails molotov, boulons, et bouteilles de peinture ont été retrouvés sur place. En raison sûrement d’un rapport de force défavorable, ces dispositifs n’ont pas été utilisés par ces opposants au projet de base logistique que veut développer ici le Grand port. Certains d’entre eux, perchés dans des arbres et même au sommet de l’éolienne géante de General Electrics, hors service, seraient finalement descendus d’eux-mêmes. Plusieurs feux ont été allumés, alors que des pompiers participaient aussi aux opérations.

L'évacuation de la ZAD du Carnet, le 23 mars 2021
L'évacuation de la ZAD du Carnet, le 23 mars 2021 - S. Salom Gomis/ AFP

L’expulsion « méthodiquement préparée » après deux décisions de justice, revêtait aussi un caractère délicat en raison de la proximité du site avec le fleuve. « Les effectifs ont été répartis pour qu’une partie borde la Loire, détaille le général Frédéric Laurent, qui commande les opérations. Nous avions un objectif prioritaire de sécurité. » A midi, aucune interpellation n’avait eu lieu mais des suites judiciaires pourront être engagées à l’encontre d’occupants dont certains sont soupçonnés d’exactions sur le site, explique-t-on.

Place aux engins de déblaiement

Si la résistance a été faible sur le terrain, plusieurs manifestations doivent avoir lieu ces prochaines heures à Saint-Nazaire ou Rennes. A Nantes, une soixantaine de personnes sont actuellement réunies devant la préfecture de Loire-Atlantique. « Nous dénonçons un projet inutile et imposé, mais aussi les moyens disproportionnés engagés pour cette évacuation, indique une occupante de la ZAD, qui n’était pas sur les lieux ce matin. Vive le Carnet libre et sauvage ! »

Un rassemblement en soutien à la ZAD du Carnet a eu lieu à Nantes, ce mardi midi
Un rassemblement en soutien à la ZAD du Carnet a eu lieu à Nantes, ce mardi midi - D. Phelippeau / 20 Minutes

Sur le site du Carnet justement, les blindés des gendarmes vont progressivement laisser la place à des engins de déblaiement. « Il y a environ 500 m3 de matériaux divers à évacuer, estime le préfet Didier Martin. Des épaves de voitures, des barricades, des pneus… » « Les cabanes de la ZAD vont être détruites mais tout ce qui a été construit et les liens tissés pendant sept mois sont indestructibles. La lutte continue jusqu’à ce que le projet de zone industrielle du Carnet soit abandonné ! », a réagi le collectif Stop Carnet. Le préfet a promis une « surveillance attentive dans les prochains mois » pour éviter toute nouvelle occupation.