Petrus, Yquem, Cheval Blanc... Plus d'un millier de bouteilles saisies dans le démantèlement d'un réseau de receleurs de grands crus

INVESTIGATIONS Plus d'un millier de bouteilles ont été saisies il y a quelques jours lors d'une vaste opération de démantèlement d'un réseau de receleurs présumés de grands vins, en région parisienne et en Gironde

Mickaël Bosredon
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Plus d'un millier de grands crus ont été saisis par les gendarmes
Plus d'un millier de grands crus ont été saisis par les gendarmes — Gendarmerie Nouvelle-Aquitaine
  • L'enquête avait été ouverte en septembre 2019 par le parquet de Bordeaux, après une série de vols avec effraction dans des entrepôts de négociants en Gironde.
  • Une première opération avait été menée en décembre 2020 conduisant à 14 interpellations.
  • Cette fois-ci, c'est la filière de recel de la marchandise qui était visée, principalement chez des commerçants et des restaurateurs asiatiques de la région parisienne.

Les enquêteurs ont eu du nez… Une vaste opération de gendarmerie a été menée il y a quelques jours en  région parisienne et en  Gironde, pour démanteler un réseau de receleurs présumés dans le cadre d’un trafic de grands crus, a-t-on appris ce lundi.

Le 16 mars, une centaine d’enquêteurs de la gendarmerie a ainsi interpellé six suspects en région parisienne. Une quinzaine de lieux ont été parallèlement perquisitionnés tout au long de la journée, dont des restaurants, des commerces et une propriété dans le Libournais. À cette occasion, environ 118.000 euros en espèces et plus d’un millier de bouteilles volées ou suspectes, dont quelques grands crus (magnum Angélus, Petrus, Château Yquem, Romanée-Conti, Rothschild, Cheval blanc…) dont la valeur totale est estimée à environ 200.000 euros, ont été saisis.

Enquête ouverte en septembre 2019

« Ces interpellations sont l’aboutissement d’une enquête minutieuse menée depuis plusieurs mois », indique ce lundi la gendarmerie de Nouvelle-Aquitaine. Les investigations avaient démarré à l’automne 2019, lorsque plusieurs vols aggravés d’entrepôts de négociants avaient été commis sur la métropole bordelaise, « générant un préjudice de près de 3 millions d’euros. » Le parquet de Bordeaux ouvrait alors une information judiciaire en septembre 2019, et une première vague de 14 interpellations survenait un peu plus d’un an plus tard, en décembre 2020. A l’issue, sept individus avaient été écroués et sept autres mis en examen et placés sous contrôle judiciaire.

« Les investigations complémentaires permettaient d’identifier une importante filière de recel de la marchandise dérobée, composée de commerçants et de restaurateurs de la communauté asiatique de la région parisienne, poursuit la gendarmerie de Nouvelle-Aquitaine. Ces derniers écoulaient la marchandise dérobée dans des restaurants asiatiques, auprès de particuliers ou l’exportaient. Certains d’entre eux ont également investi dans une propriété viticole en Gironde. »

180.000 masques non homologués découverts

A l’issue de cette nouvelle opération, un individu a été laissé libre et les cinq autres ont été présentés au magistrat instructeur. Mis en examen le 19 mars, ils ont été placés sous contrôle judiciaire avec interdiction de sortie du territoire et versement d’une caution.

« Incidemment, 180.000 masques anti-covid non homologués ont également été découverts. » Histoire de rappeler que depuis le début de cette enquête, la crise du Covid-19 a aussi bouleversé les habitudes des trafiquants.