Lyon : Vous chantez faux ? Des chercheurs ont besoin de vous pour faire avancer leurs travaux sur sur la perception musicale

NEUROSCIENCES Des chercheurs en neurosciences mènent deux études sur la perception de la musique destinées à améliorer les connaissances scientifiques sur ce sujet et tenter de réduire le déficit observé chez certains

Elisa Frisullo

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Une femme écoute de la musique.
Une femme écoute de la musique. — PureStock/SIPA
  • Une équipe de chercheurs en neurosciences de Lyon travaille actuellement sur la perception musicale et le déficit observé chez certains, connus pour chanter faux.
  • Ils recherchent des volontaires pour deux études destinées à mieux comprendre ce qui se joue dans le cerveau lorsque l’on entend de la musique et tester sur des personnes souffrant d’un déficit en la matière un entraînement censé améliorer leur perception de la musique.

Et si chanter faux n’était pas une fatalité ? A Lyon, des chercheurs du Centre de recherche de neurosciences sont actuellement en quête des volontaires pour faire avancer leurs travaux sur la perception musicale et mieux comprendre les déficits en la matière observés chez certaines personnes.

« Pour certains, reconnaître une chanson familière sans les paroles est compliqué, voire impossible. Ils peuvent avoir du mal à mémoriser des mélodies, ne vont pas non plus se rendre compte lorsqu’ils chantent faux, ou lorsque quelqu’un chante faux », souligne Caliani Hoarau, étudiante en master 2 de neurosciences et neurosphychologie et stagiaire au centre de recherche de Lyon.

Deux études rémunérées pour faire avancer la science

Pour mieux cerner ce qui se joue dans notre cerveau pour percevoir la musique et comprendre pourquoi certains ont l’oreille musicale quand d’autres chantent comme un pied, les chercheurs vont mener deux études rémunérées, réalisées au sein du labo de recherches. La première, planifiée sur un an, doit permettre de tester sur des sujets souffrant d’un déficit en la matière un programme d’entraînement musical mis au point par les chercheurs. « On sait qu’il y a un déficit au niveau des connexions fronto temporales, très importantes dans la perception de la musique. Nous souhaitons étudier si cet apprentissage à long terme peut améliorer leur perception de la musique et si cela se voit au niveau cérébral et comportemental », ajoute la jeune femme.

Les chercheurs évalueront l’efficacité de leur programme via des sessions de magnéto encéphalographie (MEG). « C’est une technique d’imagerie, sans danger bien sûr, qui permet d’enregistrer l’activité du cerveau », détaille Caliani Hoarau. La seconde étude, d’une durée de 2h30 pour les participants et réalisée sur ordinateur ou tablette tactile, a pour objectif de valider toute une série de tests auditifs permettant aujourd'hui d’évaluer la perception de la musique. 

De premières réponses dans un an et demi

Grâce à ces études, les chercheurs lyonnais espèrent avoir une meilleure connaissance des déficits de la perception musical et parvenir à les améliorer avec un entraînement. Des travaux, dont les résultats ne devraient pas être connus avant un an et demi au moins, dont les conclusions pourraient être essentielles pour les patients atteints de troubles auditifs importants. Ces recherches pourraient notamment être mises au service des personnes équipées d’implants auditifs, selon la chercheuse.

Pour participer à l’une des études et faire avancer la science, les volontaires doivent au préalable réaliser un test de 10 minutes sur un site internet. Les profils jugés intéressants par l’équipe de chercheurs « Cognition Auditive et Psychoacoustique » et « Dynamique Cérébrale et Cognition » seront recontactés.