Confinement : « La population de La Baule a été multipliée par trois ou quatre ces derniers jours », se réjouit le maire Franck Louvrier

INTERVIEW En vue du confinement et des vacances de Pâques, de nombreux visiteurs sont arrivés à La Baule (Loire-Atlantique) ces derniers jours. Ce qui ne déplaît pas au maire (LR) Franck Louvrier, qui surveille aussi la santé économique de la ville

Propos recueillis par Julie Urbach

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La grande plage de La Baule (Loire-Atlantique).
La grande plage de La Baule (Loire-Atlantique). — M.Le Pihif/Sipa
  • De plus en plus de monde souhaite « travailler au pays des vacances », observe le maire (LR) de La Baule.
  • « L’enjeu est de trouver un juste équilibre entre impératifs économiques et sécurité sanitaire », estime Franck Louvrier.

Comme lors des deux premiers confinements, de nombreux habitants, Parisiens en tête, ont décidé de quitter leur région ce week-end afin d’échapper aux mesures décidées par le gouvernement pour les quatre prochaines semaines. Certains d’entre eux ont mis le cap à l’Ouest, non confinée, et notamment vers La Baule (Loire-Atlantique), ce qui réjouit le maire de la ville balnéaire Franck Louvrier (LR). Entretien.

Avec les mesures de confinement, peut-on parler d’un nouvel exode vers La Baule ?

Oui, il est réel, avec des Franciliens qui arrivent, mais aussi des Nantais, Rennais ou Angevins. Ces derniers jours, on peut considérer que la population a été multipliée par trois ou par quatre sachant qu’habituellement, notre ville passe de 17.000 habitants à l’année jusqu’à 180.000 l’été. L’office du tourisme a reçu ce lundi des données collectées ce week-end grâce aux téléphones mobiles : elles nous apprennent que les Franciliens représenteraient 14 % de la population actuelle de La Baule.

Quelles sont les motivations de ces nouveaux venus ?

Beaucoup sont là dans la perspective du confinement mais aussi des vacances de Pâques. On a vu des réservations de dernière minute, tous les trains étaient complets au lendemain de l’intervention du Premier ministre, mais certains ont une vision à moyen voire long terme : en fait, de plus en plus de monde souhaite « travailler au pays des vacances ». Il suffit d’interroger les agences immobilières ! Il n’y a plus un bien à vendre…

Certains parlent d’invasion, mais vous, vous voyez ce phénomène d’un bon œil…

On est une ville touristique, une ville d’accueil. Je pense que l’économie ne peut pas s’appuyer uniquement sur la haute saison. Donc plus on a du monde qui s’installe, plus on peut développer une économie linéaire sur les douze mois. A La Baule, et ça se confirme encore aujourd’hui, les commerçants qui ont pu rester ouverts réalisent de bons chiffres d’affaires, parfois même supérieurs à l’année précédente. Ça a été particulièrement le cas pendant les vacances de février.

Que répondez-vous aux locaux qui craignent que le virus se propage davantage ?

L’enjeu est de trouver un juste équilibre entre impératifs économiques et sécurité sanitaire. Le port du masque est obligatoire sur toute la commune. On va renforcer les moyens de surveillance de la police municipale et nationale, et de verbalisation par exemple dans les rues commerçantes ou les marchés. Il y aura aussi un renfort de la pédagogie : qu’on soit résident ou vacancier, tout le monde doit être protégé.

La Loire-Atlantique est toujours plutôt épargnée, mais les chiffres de la Presqu’ile guérandaise ne sont pas si bons [son taux d’incidence était de 238 cas pour 100.000 habitants vendredi, contre 164 pour le département]…

Concernant le taux d’incidence, on sait que ce chiffre augmente pendant les vacances et les hausses de fréquentation, mais qu’il n’y a pas de rebond épidémique après. C’est important car on est effectivement une région plus préservée que les autres et il faut qu’elle continue à l’être. L’idée est de ne pas mettre la ville sous cloche, mais de ne pas non plus la mettre en danger. Il faut quand même noter que les gens se comportent mieux, ils ont pris l’habitude de vivre avec le virus. Les règles semblent davantage respectées que lors du premier confinement.

Où en est la vaccination à La Baule, qui dispose d’un centre ?

Nous vaccinons environ 600 personnes par semaine, et nous allons obtenir le doublement des doses pour le mois prochain. C’est très important quand on sait que 40 % de notre population est âgée de plus de 60 ans. La vitesse de croisière doit passer à du plein régime : plus de 2.500 personnes ont été vaccinées, sur plus de 7.000 personnes de plus de 60 ans. Donc il reste encore du travail, mais ça dépendra de l’État. Nous serions dans la capacité de vacciner 500 personnes par jour ! Mais aujourd’hui, on ne m’en donne pas les moyens.