Coronavirus en Haute-Vienne : Pourquoi le masque n’est-il pas obligatoire à Limoges ?

PARTICULARITE La municipalité a décidé de « faire confiance à la population », qui est libre de porter ou non le masque, en fonction de la situation, dans cette ville de 132.000 habitants

20 Minutes avec AFP
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Un masque chirurgical (Illustration).
Un masque chirurgical (Illustration). — FRED SCHEIBER/SIPA

« On n’est pas à Pékin, Wuhan ou Paris où le touche-touche rend le risque de contagion maximum », estime le maire LR de la ville, Emile Roger Lombertie, un ancien médecin. Rare exception parmi les grandes villes françaises après plus d’un an de pandémie de Covid-19, Limoges (Haute-Vienne) a choisi de laisser libres ses quelque 132.000 habitants de porter ou non le masque, ne l’imposant que là où existent des rassemblements de population.

« J’ai toujours dit qu’il fallait porter le masque pour se protéger même quand on nous disait le contraire au tout début de l’épidémie. Mais il faut savoir faire preuve de discernement, poursuit l’édile. A Limoges, nous avons des zones à faible densité de population, où l’on ne croise personne. »

« Globalement, en centre-ville, les gens jouent le jeu »

Un arrêté récent du préfet de la Haute-Vienne en date du 16 mars rend obligatoire le port du masque « dans les lieux rassemblant du public », comme les marchés en plein air, et un arrêté municipal l’impose aux abords des écoles depuis le 17 septembre. Mais il est toujours possible d’arpenter les rues du centre-ville le visage découvert.

La municipalité a décidé de « faire confiance à la population », selon les mots du premier magistrat. Il appartient donc aux habitants, en fonction des situations, de le porter. Ou pas. « Globalement, en centre-ville, les gens jouent le jeu, font preuve de bon sens. Quand il y a du monde, ils le mettent automatiquement », assure Emile Roger Lombertie.

« Je préfère un travail de prévention basé sur l’éducation »

« Aujourd’hui, il n’y a quasiment personne », apprécient visage découvert Sylvain et son oncle Gilbert, rencontrés un vendredi matin en plein cœur de la ville devant les halles centrales. « Quand il y a énormément de monde, 95 % des gens sont masqués et s’auto-disciplinent, on est même surpris. Mais quand il y a peu de monde en ville, c’est agréable de ne pas se sentir obligés », notent les deux hommes.

« Je préfère un travail de prévention basé sur l’éducation, souligne le maire. Mais attention, on ne fait pas n’importe quoi. Tous les jours, j’observe les chiffres et j’agis comme un médecin devant une courbe de température. Si le niveau de contagion monte, évidemment que je rendrai le masque obligatoire. »

Un taux d’incidence à plus de 130 pour 100.000 habitants

L’Agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine dit n’avoir mené aucune étude sur l’impact sanitaire de cette décision. « Dans le centre-ville de Limoges, une majorité de personnes porte le masque de manière volontaire », reconnaît le médecin conseil à l’ARS, Emmanuel Bahans. « Et même si nous sommes en zone d’alerte élevée, les chiffres n’ont pas montré une tendance à la hausse plus élevée qu’ailleurs. »

En Nouvelle-Aquitaine, le taux d’incidence est de 144 pour 100.000 habitants. « En Haute-Vienne, on a longtemps été autour de 100. Au 18 mars, il atteignait 131,6 dans ce département contre 157,2 en Gironde, 168 en Charente et 221,1 dans la Vienne », détaille le médecin.