Confinement : «C’est confusant et incohérent»... Que pensent les Parisiens des nouvelles restrictions sanitaires ?

REPORTAGE De nouvelles restrictions pour endiguer la pandémie sont entrées en vigueur samedi, souvent dans la confusion ou l’incompréhension

Laure Cometti
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Les quais de Seine, dans le 4e arrondissement de Paris, le 21 mars 2021.
Les quais de Seine, dans le 4e arrondissement de Paris, le 21 mars 2021. — L.Cometti / 20 Minutes
  • Présentées jeudi, les nouvelles règles pour freiner l’épidémie de coronavirus sont entrées en vigueur samedi, pour un tiers des Français dans 16 départements, dont Paris.
  • Dans la capitale, de nombreux habitants n’ont pas compris ces restrictions, combinant un maintien du couvre-feu (décalé de 18 heures à 19 heures), la fermeture de certains commerces, et le retour de l’attestation pour sortir de chez soi.
  • Le rétropédalage de l’exécutif sur l’attestation en cas de promenade n’a pas aidé à la bonne compréhension de ces règles, témoignent des promeneurs interrogés ce dimanche sur les quais de Seine par 20 Minutes.

À pied, en trottinette ou à vélo, entre amis ou en famille, un café à la main ou assis avec un bouquin… Au lendemain de l’entrée en vigueur de nouvelles règles dictées par la lutte contre le Covid-19, les Parisiens sont nombreux ce dimanche sur les quais de Seine pour se dégourdir les jambes et profiter de quelques rayons de soleil. Pour leur première sortie dans ce nouveau régime de restrictions sanitaires, qui concerne 16 départements, dont ceux de l’Ile-de-France, nombreux sont ceux qui n’ont pas tout à fait compris les annonces du gouvernement.

Attestation ou non ?

Certains, comme Michel et Martine, ont rempli une attestation pour leur promenade dominicale, via l’application du gouvernement Tous Anti Covid. « On a découvert qu’on avait droit qu’à une heure de sortie en ouvrant l’appli tout à l’heure », s’étonne ce couple de jeunes retraités. Signe que l’application officielle n’a donc pas encore été mise à jour, après le rétropédalage de l’exécutif.

L’attestation prévue initialement a été supprimée samedi, peu après sa publication, pour simplifier les démarches. Désormais, un justificatif de domicile est suffisant pour se promener en journée, sans limite de temps, dans un rayon de 10 kilomètres autour de chez soi. Mais c’est loin d’être clair pour tous. « Il y a un problème dans la communication du gouvernement. C’est confusant, et incohérent », peste Michel, qui ne comprend pas pourquoi les lycées se voient imposer une jauge, mais pas les collèges ni les écoles, et qui déplore le retour de l’attestation pour aller faire ses courses. « C’est pénible, cette contrainte administrative pour rien ». 

« Ça n’a pas vraiment de sens »

Un peu plus loin, deux copines marchent le long des quais, vers l’Est, casque de vélo sous le bras. « Jeudi soir, tous mes collègues m’ont demandé "mais qu’est-ce qu’ils ont voulu dire ?" », rit Manon, 31 ans, chargée de communication interne, au sujet de la conférence de presse du Premier ministre. Les deux trentenaires ont réussi à démêler le fil des annonces gouvernementales et sont donc sorties de chez elles sans attestation ce dimanche.

Elles ont beau avoir compris ces nouvelles règles, leur utilité leur semble peu probable. « C’est pas cohérent, on s’attendait à de vraies restrictions, finalement on gagne une heure de couvre-feu, et les commerces sont fermés, or ça ne va rien changer à l’évolution du virus », estime Marine, 29 ans, directrice business développement dans les médias. « Ça n’a pas vraiment de sens, alors que les frontières sont restées ouvertes pendant très longtemps, et que la vaccination prend du retard, c’est ahurissant », enchaîne Manon. «  On aurait préféré être confinées un bon coup, pour sortir de ça », sourient-elles, en manque « de teuf », avant de reprendre leur promenade qui s’achèvera par « une bière au soleil ».

Lassitude et résignation

Pour Grégoire, les nouvelles annonces gouvernementales « ne changeront rien » à son quotidien, ni à celui de son fils Ferdinand, 9 ans, qui continuera d’aller à l’école – « malheureusement », souffle-t-il. « Les dix kilomètres, c’est pour nous empêcher de quitter Paris, résume cet illustrateur de 50 ans. Quant aux autres mesures, je pense qu’elles sont inefficaces, comme le couvre-feu [instauré depuis décembre]. Mais les gens ne sont plus prêts à accepter un confinement ».

Comme lui, de nombreux Parisiens croisés par 20 Minutes expriment leur désintérêt pour ces nouvelles règles du quotidien. La lassitude, un an après le premier confinement, et le manque de confiance dans l’efficacité de ces restrictions, ajoutent à leur indifférence pour les détails pratiques de ce nouveau tour de vis.