Strasbourg : Vie étudiante décousue, elle se lance dans la couture

CORONAVIRUS Pauline Moisson, jeune étudiante strasbourgeoise, s’est lancée dans la couture sur mesure dès le premier confinement et redonne une seconde vie aux vêtements usagés, participant ainsi à lutter contre la « fast fashion »

Gilles Varela
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Pauline Moisson, étudiante Strasbourgeoise qui double ses études en relookant des vêtements usagers.
Pauline Moisson, étudiante Strasbourgeoise qui double ses études en relookant des vêtements usagers. — Latelierpauline

De fil en aiguille, Pauline Moisson fait du sur-mesure dans sa vie étudiante malmenée par le coronavirus. Peu de relations sociales, de sorties entre amis, des cours trop souvent en distanciel, une vie surpiquée devenue « pesante », reconnaît la jeune femme de 19 ans… Cette étudiante Strasbourgeoise, un brin hyperactive, ne peut se résoudre à en rester là et s’est lancée dans la couture. En marge de ses cours, elle emprunte dès le premier confinement la machine à coudre familiale et sans relâche, souvent la nuit, confectionne d’abord des bandeaux, des chouchous, puis des blouses, des jupes, des tee-shirts.

Petit à petit, elle vend via les réseaux sociaux ses productions, principalement du sur-mesure. « Je me suis dit que je n’avais rien à perdre à les vendre » se rappelle la jeune femme. Et ça marche. Son carnet de commande se remplit, une quinzaine par mois avec aussi des « pièces lourdes » comme des ensembles.

Pauline Moisson, étudiante Strasbourgeoise qui double ses études en relookant des vêtements usagers.
Pauline Moisson, étudiante Strasbourgeoise qui double ses études en relookant des vêtements usagers. - Latelierpauline

Une petite réussite vécue comme une expérience de vie, une orientation de secours qui peut surprendre pour cette étudiante strasbourgeoise qui n’avait jamais touché jusque-là une machine à coudre. « Mais avec des tutos sur Internet, des livres et un peu de logique, c’était faisable », raconte la jeune étudiante de « nature curieuse, qui déteste s’ennuyer et est attirée par les travaux manuels. »

Une deuxième vie

Enjouée, passionnée de mode, elle est aussi très active sur les réseaux sociaux et ouvre un compte instagram dédié à ses productions avant l’été 2020. L’étudiante en seconde année de DUT technique de commercialisation à l’Université de Strasbourg, privilégie toujours ses études. Elle s’oriente vers une licence d’économie et gestion, après un stage à Paris dans les semaines à venir dans la mode. Avec un statut d’autoentrepreneuse, la jeune femme qui se forme au marketing, à la gestion, peaufine sa stratégie de développement en s’inspirant de ses voyages, du style Yves Saint-Laurent et de ses motifs marocains.

Pauline Moisson fait du Upcycling.
Pauline Moisson fait du Upcycling. - Latelierpauline

« J’adore découvrir de nouveaux endroits, les nouveaux concepts, aller de l’avant » détaille l’étudiante. Mais ce qui la motive, c’est l’upcycling. Récupérer et valoriser des vêtements de seconde main comme des chemises d’homme, des blazers, des anciens rideaux et de les styliser en les remettant au goût du jour. « Cela permet d’avoir une consommation beaucoup moins polluante et de lutter contre la fast fashion. Ça me plaît encore plus car ça s’intègre dans un concept de développement durable et d’économie circulaire », confie Pauline Moisson. Mais aussi espérer une « consommation beaucoup plus réfléchie et responsable car de plus en plus de personnes ont conscience des dégâts que l’industrie du textile dégage aujourd’hui. »

L’étudiante, qui a mis en ligne latelierpauline sur instagram s’apprête à aller plus loin dans sa démarche et va lancer sa boutique en ligne dimanche 4 avril. « Le concept serait de sortir deux fois par mois des collections capsules avec des pièces upcyclées uniques, réalisées à la main et éco-confectionnées » précise la jeune femme à la vie étudiante finalement, bien déconfinée…