Coronavirus : Trouver un stage en pleine crise sanitaire, c’est possible… avec nos conseils

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR Même si chercher un stage en ce moment n’est pas la panacée, des opportunités attendent les étudiants qui savent frapper aux bonnes portes

Delphine Bancaud
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Trouver un stage en entreprise n'a rien d'une formalité en ce moment.
Trouver un stage en entreprise n'a rien d'une formalité en ce moment. — Pixabay
  • C’est la période où les étudiants sont à la recherche d’un stage d’été. Mais le contexte économique et sanitaire complique la donne.
  • 20 Minutes vous donne quelques tuyaux pour optimiser vos démarches, que ce soit pour répondre à une offre de stage ou pour soigner vos candidatures spontanées.

La chasse aux stages d’été est ouverte, mais cette année, elle sera complexe. Car en raison du télétravail massif et des difficultés économiques traversées par beaucoup d’entreprises à cause de la crise actuelle, l’accueil des stagiaires est souvent relégué à l’arrière-plan. La plupart des établissements du supérieur en ont bien conscience ; ils ont allongé la période lors de laquelle les étudiants doivent effectuer leur stage et les accompagnent davantage dans leurs recherches d’entreprise.

Pour celles et ceux qui ne bénéficieraient pas de ces précieux conseils, 20 Minutes vous donne quelques tuyaux pour optimiser vos démarches.

Faut-il se contenter de répondre à des offres de stages ou envoyer aussi des candidatures spontanées ?

« Les deux ! Car comme pour les offres d’emploi, il existe un marché caché des stages qu’il faut tenter de pénétrer. Et la concurrence est plus forte lorsque l’on répond à une offre », constate Valérie Deflandre, conseillère au Centre d’information et de documentation jeunesse (CIDJ). Pour rechercher des offres, la plateforme gouvernementale 1jeune1solution est une bonne adresse. Elle en propose actuellement 12.000 offres dans tous les secteurs. « Il faut aussi consulter les sites de la presse spécialisée dans son secteur, ceux des fédérations, ceux destinés aux étudiants, celui de l’Apec… », énumère-t-elle.

Faut-il s’assurer que l’entreprise accueille des stagiaires en présentiel avant de la solliciter ?

« Non, car le télétravail n’est pas un frein. Beaucoup d’entreprises proposent des stages tout ou partie à distance. Elles ont eu le temps de s’adapter depuis un an. Elles fournissent aux stagiaires un ordinateur portable, ils participent aux réunions de service en visio, font des points réguliers avec leur tuteur », affirme Romain Giunta, porte-parole du jobboard Monster.

Si l’entreprise propose un stage totalement à distance, il faut donner des gages au recruteur pour le rassurer sur la capacité du jeune à être piloté ainsi : « On peut spécifier sur son CV que l’on sait maîtriser les outils collaboratifs comme Teams, Zoom, Discord, Google Meet… », indique Valérie Deflandre. « L’important est de démontrer son degré d’autonomie et sa capacité à travailler en équipe. Certes, un étudiant n’a pas beaucoup d’expérience professionnelle, mais s’il n’a jamais fait de stage, il peut parler des responsabilités qu’il a eues en tant que bénévole d’une association ou le rôle qu’il a joué dans un groupe de travail de TD, son implication dans une équipe sportive… », note Shéhérazade d’Almeida, consultante développement professionnel à l’Apec.

A quelles entreprises envoyer des candidatures spontanées ?

Il faut viser large : « En premier lieu, il faut cibler les secteurs épargnés par la crise sanitaire, comme le médical, le paramédical, l’e-commerce, la logistique, l’informatique… », suggère Shéhérazade d’Almeida, . « Et si ça ne mord pas, il faut être capable d’élargir son champ de recherches et postuler dans des secteurs qui peuvent sembler moins attractifs à première vue, mais qui offrent des missions tout aussi intéressantes », complète Romain Giunta. Autre conseil : « Solliciter les entreprises où l’on souhaiterait idéalement travailler une fois devenu jeune diplômé. Car même si c’est moins évident en ce moment, le stage peut être la porte d’entrée vers un CDD », constate Valérie Deflandre.

N’hésitez pas non plus à envoyer votre CV à votre famille et à vos amis, tout en sollicitant le réseau des anciens élèves de votre école. Utiles aussi, les réseaux professionnels comme LinkedIn : « D’où l’importance d’actualiser son profil et de partager des informations sur son domaine de spécialité, ce qui montrera à l’entreprise une bonne connaissance du secteur. On peut aussi spécifier dans un post le fait que l’on recherche un stage pour alerter ses contacts », souligne Valérie Deflandre.

Pour prouver votre sens de l’initiative, vous pouvez aussi proposer une offre de mission dans votre lettre de motivation, montrant ainsi que vous pouvez faire gagner du temps à une équipe débordée : « Cela peut être un travail de recherche sur un nouveau segment de clientèle à explorer, le développement des réseaux sociaux de l’entreprise…, énumère Romain Giunta. Si l’on n’a pas d’idée de mission à proposer, un petit coup d’œil sur les anciennes offres de stages peut inspirer ».

Quelles sont les « boulettes » à éviter lors de l’entretien ?

La plupart des entretiens de stage s’effectuent actuellement en visio. « Pour vérifier l’image que l’on va projeter, il faut s’entraîner. Ce n’est pas une bonne idée, par exemple, de se filmer devant un mur plein de posters ou dans une cuisine en bazar. Il faut éviter aussi d’être dos à la fenêtre, car il est important que l’interlocuteur voit bien le visage et capte le langage paraverbal du candidat », souligne Valérie Deflandre.

Visio ou pas, il est impératif aussi de soigner sa tenue : « Petit détail : même si on passe son entretien à distance, il faut éviter le pantalon de jogging ou de pyjama, car si vous devez vous lever pour chercher un document, ce ne sera pas du meilleur effet », poursuit-elle. Quelques jours après l’entretien, « il ne faut pas hésiter à relancer le recruteur par téléphone si l’on n’a pas reçu de réponse », conseille Romain Giunta. L’occasion de lui montrer encore à quel point vous êtes réactif !