Coronavirus en Ile-de-France : Ces trois chiffres qui vont peser dans la balance pour le confinement

CONFINEMENT L’éventuel confinement de Paris et des départements d’Ile-de-France sera l’un des principaux sujets du conseil de défense ce mercredi

Caroline Politi
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Les quais de Seine, le 1er mars 2021.
Les quais de Seine, le 1er mars 2021. — HOUPLINE-RENARD/SIPA
  • Le taux d’incidence dans la région atteint désormais 420 cas pour 100.000 habitants.
  • Les services de réanimation sont au bord de la saturation avec près de 96 % des lits occupés par des patients atteints par le Covid-19.
  • La vaccination est encore loin d’offrir une immunité de groupe.

C’est devenu un véritable serpent de mer : l’Ile-de-France sera-t-elle à son tour confinée, le week-end comme les départements des Alpes-Maritimes ou du Pas-de-Calais, voire la semaine comme lors de la seconde vague ? « Toutes les options sont sur la table », s’échinent à répéter les membres du gouvernement. Néanmoins, alors que jusqu’à présent cette  hypothèse semblait systématiquement écartée​, l’étau semble désormais se resserrer. Focus sur trois chiffres qui devraient peser lourd dans la balance lors du conseil de défense qui se tient ce mercredi.

L’incidence supérieure à 400 à l’échelle régionale

Contrairement à plusieurs pays d’Europe, la France n’a jamais instauré - du moins officiellement - un « seuil de confinement », c’est-à-dire un indicateur au-dessus duquel des mesures seraient automatiquement déclenchées. Chaque décision, explique-t-on au gouvernement, est prise au cas par cas. Néanmoins, lors de son interview sur Twitch dimanche soir, le Premier ministre, Jean Castex, a pour la première fois évoqué un taux incidence supérieur à 400 comme point de bascule. « On a démarré [le confinement le week-end] dans ces départements quand le taux d’incidence était à 400 pour 100.000 habitants », a-t-il déclaré, avant de préciser que la région Ile-de-France était « encore en dessous ».

Or ce cap, déjà franchi par plusieurs départements franciliens la semaine dernière, est désormais atteint à l’échelle régionale. En un mois, le taux d’incidence a quasiment doublé en Ile-de-France : le 16 février, on dénombrait 236 cas pour 100.000 habitants, il avoisine désormais les 420 cas pour 100.000 habitants. La Seine-Saint-Denis, le Val-d’Oise et le Val-de-Marne sont les trois départements de l’Hexagone les plus touchés par l’épidémie, devant les Alpes-Maritimes et le Pas-de-Calais, confinés depuis plusieurs week-ends. Une situation d’autant plus inquiétante que les courbes de tous les départements franciliens sont en forte hausse, portées notamment par la virulence du variant britannique.

96 % des lits de réanimation occupés par des patients Covid +

C’est la conséquence directe de l’augmentation du taux d’incidence : les services de réanimation franciliens arrivent désormais à saturation. Lundi, le nombre de malades hospitalisés en soins critiques, c’est-à-dire en réanimation et en soins intensifs, a dépassé le pic de la deuxième vague de l’épidémie. On dénombre aujourd’hui 1.164 patients infectés par le  Covid-19 dans ces services, soit 96 % de leur capacité. Et selon toute vraisemblance, le pic est encore loin d’être atteint puisque l’incidence continue sa flambée.

Pour faire face à la situation, le directeur de l’Agence régionale de santé, Aurélien Rousseau, a donné, il y a 10 jours, « l’ordre ferme » aux établissements publics et privés de déprogrammer 40 % de leurs activités afin de disposer au plus vite de 1.577 lits pour les malades du coronavirus. Le transfert d’une centaine de patients franciliens vers des régions où la pression hospitalière est moindre a également été acté. Une décision que les autorités sanitaires peinent, pour l’heure, à appliquer : seuls dix patients ont été transférés en trois jours, a indiqué ce mercredi le directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, Martin Hirsch, dans une interview sur RTL. « Quand on regarde le nombre de patients qui sont suffisamment stables pour pouvoir être transportés, on en a à peine plus de 10 %. Et, sur ces 10 %, il y a un taux de refus de famille qui est un peu plus élevé qu’au printemps », a-t-il détaillé.

6,56 % de la population francilienne vaccinée

Miser sur la vaccination pour éviter un reconfinement, Telle est l’option défendue par la maire de Paris, Anne Hidalgo, depuis que l’hypothèse est sur la table. Un point de vue non seulement mis à mal par les épidémiologistes qui rappellent qu’il faut une quinzaine de jours avant qu’un vaccin commence à être efficace, mais également par les derniers chiffres. Si l’Ile-de-France est la région dans laquelle le plus grand nombre de personnes a reçu au moins une dose de vaccin, rapportée à sa population, elle se classe bonne dernière. Seule 6,56 % de la population francilienne est vaccinée, contre plus de 10 % en Corse, près de 9 % en Bourgogne Franche-Comté ou en Nouvelle-Aquitaine. En cause : la démographie de la région, plus jeune et donc non prioritaire dans l’accès au vaccin. Reste qu’on est loin des 60 à 70 % nécessaires pour que l’immunité collective soit atteinte.