Féminisme : Une association dénonce l’invisibilisation du nom des femmes

NOM Le nom des femmes est souvent effacé au profit de leurs maris

J.-L.D. avec AFP

— 

Une peinture de Kamala Harris, vice-présidente des Etats-Unis
Une peinture de Kamala Harris, vice-présidente des Etats-Unis — ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

« Rendons son nom à Zézette, épouse X » : les banques et les administrations doivent cesser d'« invisibiliser » les noms des femmes au profit du seul nom de leur mari, s’est indignée ce lundi l’association féministe Georgette Sand, qui a lancé une pétition.

En convoquant le souvenir de la « Zézette » du « Père Noël est une ordure » - qui dans la pièce de 1979 ne savait pas comment remplir un formulaire administratif -, l’association veut « s’attaquer au concept de "patronyme" dont les usages impactent encore aujourd’hui négativement la transmission, la sécurité et l’émancipation économique des femmes », a-t-elle expliqué dans un communiqué.

« Négligences symboliques et insidieuses »

Les femmes mariées devraient en théorie avoir le choix de se faire appeler par leur nom de naissance ou par celui de leur époux, mais en pratique l’administration ou les banques ne respectent pas toujours ce choix, et les font parfois « disparaître » au profit du seul nom du mari, dénoncent les militantes de « Georgette Sand ».

L’association cite le cas d’une femme qui a dû « menacer de quitter sa banque » pour obtenir son nom sur ses courriers bancaires, d’une autre qui « n’arrive pas à changer son nom d’épouse depuis son divorce car son médecin traitant et sa banque lui disent que "c’est comme ça" », ou d’une autre qui s’étonne que le fisc n’envoie des avis qu’à son mari… alors que c’est elle qui paye la taxe foncière. De telles mésaventures relèvent certes davantage de « négligences symboliques et insidieuses » que d’un « complot », a dit Ophélie Latil, la fondatrice de l’association.

Descendance en vue

Mais elles ne sont pas anodines et peuvent avoir de fâcheuses conséquences, en cas de séparation et encore plus en cas de violences conjugales, insiste-t-elle, évoquant ces femmes « qui n’ont aucun justificatif de domicile à leur nom », ou « qui ne peuvent pas récupérer le chéquier du compte-joint parce que leur nom n’y figure pas ». Les militantes demandent la « modernisation des formulaires de l’administration fiscale qui par omission gomment un nom sur deux », un « rappel à la loi des banques », ainsi que des sanctions financières pour les contrevenants.

Elles demandent aussi que soit mieux respectée la loi qui permet depuis 2005 aux parents de choisir quel nom de famille transmettre à leur enfant - celui du père, de la mère ou les deux. Dans la pratique, les mères qui souhaitent transmettre leur nom se heurtent souvent aux réticences des officiers d’état-civil, selon elle.

Les pétitionnaires demandent également que la loi soit modifiée pour que les personnes nées avant 2005 puissent, si elles le souhaitent, ne plus porter le nom d’un père détesté - et éventuellement transmettre à leur enfant celui de leur mère.