Pourquoi Toulouse attend beaucoup de l'arrivée du Festival des lanternes à Blagnac

EVENEMENT L’hiver prochain, Blagnac accueillera le Festival des lanternes, qui a attiré 1,1 million de visiteurs en trois éditions à Gaillac. Mais c’est l’ensemble de l’agglomération toulousaine qui espère des retombées

Nicolas Stival

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Le festival des lanternes s'installe à Blagnac, après trois années à Gaillac.
Le festival des lanternes s'installe à Blagnac, après trois années à Gaillac. — Chine Nouvelle / Sipa
  • Si la situation sanitaire le permet, le prochain Festival des lanternes aura lieu du 1er décembre 2021 au 31 janvier 2022 à Blagnac.
  • La manifestation franco-chinoise, dont le succès avait dépassé toutes les espérances à Gaillac, voit plus grand en rejoignant l’agglomération toulousaine.
  • La Ville rose compte beaucoup sur cet événement pour relancer un tourisme de loisirs au relais du tourisme d’affaires, moribond.

Adieu Gaillac, bonjour Blagnac. Le déménagement du Festival des lanternes était connu depuis plusieurs semaines. Il est officiel depuis ce lundi et la signature du contrat à la mairie de la cité aéroportuaire. Cette coproduction franco-chinoise, dont les trois premières éditions en pays tarnais ont attiré un total de 1,1 million de personnes, doit prendre une nouvelle dimension en se rapprochant de Toulouse.

« Il n’était plus possible d’accueillir ce type de manifestation dans un parc de quatre hectares, tant sur le plan de la sécurité que de l’organisation », plaide Patrice Gausserand, président de la société Mag conseil. Cette entreprise représente le consortium de la province chinoise du Sichuan, en charge du festival, dont le budget avoisine les 2,5 millions d'euros.

Rendez-vous en décembre après un hiver sans festival

L’ancien maire de Gaillac, aujourd’hui inéligible, ne cache pas son plaisir devant ce transfert dans le parc du Ritouret (huit hectares), bien intégré au réseau de transports de l’agglomération toulousaine. Après avoir fait relâche cet hiver, pour cause de Covid-19, les pandas, dinosaures et autres tableaux, patiemment assemblés par près de 90 ouvriers venus de Chine, doivent envahir le sol blagnacais du 1er décembre 2021 au 31 janvier 2022.

« On espère attirer au moins l’équivalent de la dernière année à Gaillac (430.000 personnes), indique le maire Joseph Carles. Mais on ne raisonne pas sur un an, plutôt sur trois [la durée du contrat], avec une perspective de l’ordre de 700.000 visiteurs. Le point d’équilibre est à 300.000 personnes. » L’élu PRG parle au nom de sa ville et de ses 25.000 habitants, mais plus largement au nom des 800.000 âmes qui peuplent Toulouse Métropole, dont il est l’un des vice-présidents.

Car les retombées sont attendues bien au-delà de la cité des « Caouecs ». « Ce festival devient un pôle de développement qui arrive à point nommé », explique ainsi Jean-Claude Dardelet, président de l’agence d’attractivité de Toulouse Métropole.

« Décembre-janvier, c’est le moment où la situation de la pandémie sera stabilisée, du moins tout le monde l’espère. On pourra relancer de grands événements et les Lanternes, c’est l’accroche pour un parcours visiteur plus large. Les gens viendraient passer deux ou trois nuits, ils pourraient aller à la Cité de l’Espace, qui accueille le seul rover chinois qui a atterri sur la Lune visible hors de Chine, ou encore le Muséum et ses dinosaures. »

L’Asie, « cible » touristique de choix

Les touristes chinois, notamment les quelque 80 millions d’habitants du Sichuan, berceau de la tradition des festivals lumineux et fertile en fossiles de sauriens préhistoriques, sont clairement ciblés, comme les Japonais lors de la Coupe du monde de rugby 2023.

« L’Asie est une zone de développement considérable, au pouvoir d’achat important, avec des gens passionnés de technologie plus qu’ailleurs, reprend Jean-Claude Dardelet. Toulouse s’impose. » Alors que le tourisme d’affaire, qui pesait deux tiers du secteur dans l’agglomération avant la crise économico-sanitaire, n’est sans doute pas près de se relever, le tourisme de loisirs doit prendre le relais. Et donner un nouveau souffle d’espoir aux plus de 20.000 personnes qui en vivent.

Des millions d’euros de retombées économiques

Prudents, les organisateurs comme les politiques locaux ne veulent pas quantifier la manne que la féerie lumineuse peut engendrer. « Le bilan sur Gaillac, c’est 11 millions d’euros de retombées sur le territoire, chiffre Patrice Gausserand. A Blagnac, ça va être plus. Il y a beaucoup plus d’activité, il y aura certainement plus de monde. Toutes les communes environnantes vont en bénéficier. »

Des patrons d’entreprises chinoises sont attendus l’hiver prochain, pour causer business avec leurs homologues haut-garonnais à la lumière des lanternes géantes. Lesquelles pourraient encore bouger dans quelques années. Mais pas bien loin, du côté de l’île du Ramier à Toulouse. « S’il s’avère que pour lancer de nouveau parc de loisirs, il faut que le festival s’y fasse, pourquoi pas ? lance Joseph Carles. Mais pour les trois années qui viennent, cela se passera bien à Blagnac. »