Coronavirus en Ile-de-France : La situation bientôt « hors de contrôle », selon le directeur médical de l’AP-HP

PANDEMIE Selon le directeur médical de crise de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, les transferts ne permettent pas de régler la saturation dans les hôpitaux

20 Minutes avec AFP

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Coronavirus: L'Ile-de-France peut-elle encore éviter un reconfinement ? — 20 Minutes
  • Bruno Riou, directeur médical de crise de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), estime que si la situation des hôpitaux en région parisienne « n’est pas encore hors de contrôle, elle va l’être ».
  • Estimant que la stratégie actuelle n’avait permis que « de contenir en partie la progression exponentielle » du virus, notamment en raison de la diffusion des variants, il a assuré qu’il fallait « revoir la stratégie ».
  • « C’est au gouvernement de décider » mais « aujourd’hui, on ne peut plus rien exclure » et « en responsabilité, si les mesures sont justifiées, si elles sont proportionnées et accompagnées, je ne m’y opposerai pas », a annoncé de son côté la présidente de la région, Valérie Pécresse.

La situation des hôpitaux d’Ile-de-France face au Covid-19 « n’est pas encore hors de contrôle mais elle va l’être », a estimé lundi Bruno Riou, directeur médical de crise de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). « J’entends beaucoup dire qu’une semaine sans confinement est une semaine gagnée, je n’ai pas la même analyse, pour moi c’est une semaine perdue, » a déclaré le professeur Riou sur France Inter, estimant par ailleurs que les transferts de patients vers d'autres régions ne permettraient pas de régler la saturation qui menace.

« Il n’y a que deux traitements qui sont connus comme efficaces aujourd’hui contre l’épidémie, le confinement et la vaccination. Et la vaccination n’aura des effets que dans plusieurs mois alors que là, on raisonne en terme de semaines », a-t-il ajouté. Estimant que la stratégie actuelle n’avait permis que « de contenir en partie la progression exponentielle » du virus, notamment en raison de la diffusion des variants, il a assuré qu’il fallait « revoir la stratégie ».

Vers un confinement strict ?

Un point de vue partagé par la présidente (Libres !) de l’Ile-de-France, Valérie Pécresse. « Je ne crois pas à ce débat de savoir s’il faut reconfiner ou une partie de la semaine ou le week-end. S’il faut reconfiner, je crains que ce soit un confinement strict auquel on doive se préparer », a averti la présidente déléguée des députés En Marche sur Radio J. « C’est la raison pour laquelle ça doit rester une solution ultime et je l’espère, pas un confinement qui ressemblerait au tout premier, c’est-à-dire un confinement qui permette que nos enfants notamment puissent continuer à aller à l’école », a-t-elle précisé.

Face à l’hypothèse d’un reconfinement, l « 'Île-de-France est clairement en sursis » car « le variant anglais, majoritaire, n’est pas seulement plus contagieux, il est aussi plus mortel », et « nos capacités de réanimation sont saturées », a expliqué pour sa part sur France 2 Valérie Pécresse. « C’est au gouvernement de décider » mais « aujourd’hui, on ne peut plus rien exclure » et « en responsabilité, si les mesures sont justifiées, si elles sont proportionnées et accompagnées, je ne m’y opposerai pas », a-t-elle ajouté.

Elle a « exhorté les Franciliens qui peuvent ne pas aller travailler cette semaine à télétravailler », car « aujourd’hui le télétravail n’est pas suffisamment pratiqué ». « A l’automne, il y avait 30 % de personnes seulement dans les transports. Aujourd’hui, il y en a 55 % », a-t-elle regretté.