Coronavirus : La crise sanitaire a bouleversé le choix des études d’un étudiant sur deux, selon notre baromètre OpinionWay

CONFINEMENT, UN AN APRES Selon notre baromètre #MoiJeune 20 Minutes – OpinionWay, les 18-30 ans ont été poussés à redéfinir leurs projets d’orientation ou leurs choix de carrière, pour prendre notamment en compte la nouvelle donne économique

Delphine Bancaud
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Avec la crise sanitaire, certains jeunes ont eu envie de changer d'horizon.
Avec la crise sanitaire, certains jeunes ont eu envie de changer d'horizon. — Pixabay
  • Un an après l’entrée en vigueur du confinement, décrété le 17 mars 2020 pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, 20 Minutes revient sur les conséquences des mesures restrictives sur les jeunes générations.
  • Notre baromètre #MoiJeune 20 Minutes – OpinionWay s’intéresse notamment au parcours scolaire et professionnel des 18-30 ans au cours de l’année écoulée.
  • Cette crise a chamboulé le choix des études pour près d’un étudiant sur deux (45 %). Et un quart des 23-30 ans envisage de changer d’orientation professionnelle.

Le confinement, le déconfinement, le couvre-feu, les cours à distance, l’économie française ébranlée… Depuis un an, les jeunes voient leurs repères brouillés, leurs projets remis en cause et le monde évoluer dans une direction encore incertaine. Dans ce contexte, la crise sanitaire se fait ressentir sur leur choix de filière pour les étudiants, mais aussi sur les débuts dans la vie active pour les jeunes diplômés. C’est ce que montre notre baromètre #MoiJeune 20 Minutes – OpinionWay*.

Réorientation, études plus courtes ou plus longues…

Le coronavirus a d’abord eu un impact sur les étudiants : cette crise a en effet affecté le choix d’une filière pour près d’un étudiant sur deux (45 %). Certains décidant de se réorienter, d’écourter leurs études, de les prolonger, d’ajourner un séjour à l’étranger, d’opter pour une poursuite d’études différentes… Ce qu’explique aisément Sylvie Amici, présidente de l’APsyEN (Association des psychologues et de psychologie dans l’éducation nationale) : « Lorsqu’il est au lycée, le projet d’orientation d’un élève est avant tout guidé par les représentations qu’il se fait d’un métier, sa désirabilité sociale et s’il correspond à sa personnalité. Mais les étudiants prennent davantage en compte les conditions d’insertion professionnelle ». Beaucoup de secteurs ayant été mis à l’arrêt depuis un an, et d’autres ayant connu une baisse d’activité drastique, la perception des métiers qui recrutent a forcément changé.

« Cela pousse certains étudiants inscrits dans des licences généralistes à changer de voie, pour aller vers des diplômes plus professionnels, comme une BTS ou BUT (ex-DUT) », analyse Sylvie Amici. Une autre raison peut aussi les pousser à changer de filière, selon Marie Vilquin, responsable opérationnelle de Smen’up, une plateforme d’orientation professionnelle à destination des lycéens et des étudiants : « Avant la crise du Covid-19, beaucoup d’étudiants se réorientaient après leur première année dans le supérieur. La crise sanitaire semble accélérer le mouvement ». Car certains se sont sentis perdus avec les cours en ligne à l’université, qu’ils ont du mal à suivre, et préfèrent opter pour des formations où ils seront plus encadrés 

Un quart d’entre eux envisage de changer d’orientation professionnelle

Les étudiants ne sont pas les seuls à bifurquer. Car pour les jeunes qui ont fini leurs études et qui recherchent un premier emploi, ou pour ceux qui se sont déjà lancés dans le monde professionnel, l’horizon aussi a changé. Toujours selon notre baromètre #MoiJeune 20 Minutes – OpinionWay, un quart d’entre eux envisage de changer d’orientation professionnelle, donc de métier ou de secteur, en raison de la crise du Covid-19 (20 % des 23-27 ans et 26 % des 28-30 ans). Parmi eux, environ un tiers souhaite le faire parce que le secteur qu’il visait n’offre plus assez de débouchés (43 % parmi les 23-27 ans concernés et 30 % parmi les 28-30 ans concernés), et la moitié parce qu’ils souhaitent exercer un métier qui a plus de sens.

Des chiffres qui s’expliquent en partie par la volonté d’assurer ses arrières : « Les jeunes diplômés anticipent le risque d’être licencié dans certains secteurs. Ils préfèrent se réorienter plutôt que de subir la situation », analyse Sylvie Amici. « La crise sanitaire a aussi mis en lumière certains métiers liés à la santé, au numérique, au e-commerce, qui apparaissent aux jeunes comme offrant plus d’opportunités professionnelles », observe aussi Marie Vilquin.

Les valeurs d’une génération

Cette volonté de changer de voie professionnelle s’explique aussi par les conditions de démarrage difficile de ces jeunes dans la vie active, selon Sylvie Amici : « Un emploi, ce n’est pas qu’un travail, mais un collectif. Pour un jeune diplômé, démarrer sa carrière en étant en télétravail la plupart du temps c’est très difficile. Car cela ne permet pas de s’intégrer dans la même manière, de mieux supporter les tâches que l’on n’aime pas faire au boulot grâce aux conseils des collègues. Le télétravail dilue le sens de l’emploi en coupant les liens sociaux », estime-t-elle.

Une quête de sens dans le travail qui renvoie aux valeurs de cette génération, comme le souligne Marie Vilquin : « La consommation plus responsable, la lutte contre les inégalités, la prise en compte des enjeux climatiques sont des problématiques qui intéressent plus que jamais cette classe d’âge. D’où sa volonté de trouver un métier où chacun pourra avoir un impact positif sur le monde ».

* Etude #MoiJeune 20 Minutes – OpinionWay réalisée en ligne du 5 au 6 mars auprès d’un échantillon représentatif de 710 jeunes âgés de 18 à 30 ans (méthode des quotas).

Si vous avez entre 18 et 30 ans, vous pouvez participer au projet « #MoiJeune », une série d’enquêtes lancée par 20 Minutes et construite avec et pour les jeunes. Toutes les infos pour vous inscrire en ligne ici.