Voile : Deux passionnés veulent « redonner vie » à l’hydroptère, le premier bateau volant

TECHNOLOGIE Le fameux trimaran est actuellement en pièces détachées, mais deux passionnés, dont un Français, veulent le refaire voler et en faire un laboratoire de recherches

David Phelippeau

— 

L'hydroptère en 2015 à Los Angelès.
L'hydroptère en 2015 à Los Angelès. — MARK RALSTON / AFP
  • L’hydroptère, qui avait été laissé à l’abandon aux Etats-Unis, vient d’être racheté par deux hommes, dont un Français.
  • Ce « bateau volant », créé il y a une trentaine d’années, est en train d’arriver en pièces détachées en Loire-Atlantique.
  • Objectif des nouveaux propriétaires : le refaire voler avant la fin de l’année et en faire un vrai laboratoire de recherches technologiques.

« C’est fabuleux que ce projet-là renaisse ! » Le skipper Michel Desjoyeaux n’a pas caché sa joie jeudi soir à Saint-Nazaire. Et pour cause :  l’hydroptère, le voilier volant, qui a été lancé il y a près de trente ans et qui a connu la célébrité en battant des records de vitesse grâce à une conception unique va « démarrer une nouvelle vie », selon son nouveau copropriétaire, Gabriel Terrasse. Ce Lyonnais, passionné de nouvelles technologies, raconte l’histoire de cette renaissance.

« En 2019, je suis parti aux Etats-Unis pour sauver l’hydroptère qui était voué à partir à la casse. Je me suis associé avec Chris Welsh, un Américain, pour son sauvetage et lui donner une nouvelle vie. Je me suis pris vraiment de passion pour cette histoire humaine et technologique incroyable où on a fusionné le monde l’aviation et du naval pour construire un bateau qui vole au-dessus des eaux et qui peut aller très vite. » Avec ce gigantesque trimaran volant, Alain Thébault a d’ailleurs longtemps été détenteur du record du monde de vitesse à la voile (51,36 nœuds soit plus de 95 km/h), réalisé en septembre 2009.

Les pièces rapatriées en Loire-Atlantique

Gabriel Terrasse ne pouvait ainsi imaginer qu'« un tel bijou d’ingénierie française finisse sous une pelleteuse à Hawaï », après deux échecs, celui d’une tentative de tour du monde en moins de quarante jours et d’un record entre Los Angeles et Hawaï. Il a donc racheté l'hydroptère pour une poignée de dollars. Il l’a d’abord rapatrié en Californie, dans un chantier de son acolyte américain.

Depuis quelques jours, pour être rénovés, c’est en Loire-Atlantique qu’arrivent les premiers éléments du grand voilier. Du côté de chez Airbus Nantes. Notamment, le plan porteur arrière et les deux bras de liaisons de 12 m de long, déjà fabriqués chez Airbus dans les années 2000. « Ces pièces ont été abîmées durant leur séjour à Hawaï, elles vont être rénovées à Nantes. C’est le début de la partie rénovation », explique Gabriel Terrasse.

Besoin de soutiens

Le reste du bateau est rapatrié depuis la Californie jusqu’à Montoir-de-Bretagne, par cargo, grâce à Airbus Logistique. Le nouvel assemblage de l’hydroptère sera effectué à Saint-Nazaire. « Une nouvelle vie de développement et d’innovation commence. » Objectif désormais : faire revoler le trimaran « avant la fin de l’année 2021 », mais pas seulement.

« On veut l’utiliser comme une plate-forme technologique pour accroître nos connaissances aérodynamiques, hydrodynamiques etc. », développe le nouveau copropriétaire. Un vrai « projet 2.0 d’optimisation du bateau » qui passera par la mobilisation des entreprises, de mécènes, des écoles d’ingénieurs… « Sans tous ces soutiens, on ne s’en sortira pas », souffle Gabriel Terrasse, qui a besoin de beaucoup d’argent (le budget est estimé à près de 2,5 millions d’euros).

Voile: Alain Thébault et son Hydroptère se lancent à l'assaut du PacifiqueVoile: Thébault et son Hydroptère vont s'attaquer à plusieurs records