Lyon : Le « Revenu solidarité jeune » créé par la Métropole bientôt mis en œuvre pour les 18-24 ans les plus précaires

JEUNESSE Cette mesure a été imaginée par la majorité de la Métropole lyonnaise pour les jeunes en difficulté qui ne sont inclus aujourd’hui dans aucun dispositif et ne bénéficient d’aucune aide financière

E.F. avec AFP

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Lors d'une manifestation le 6 février à Rennes contre la précarité.
Lors d'une manifestation le 6 février à Rennes contre la précarité. — Mathieu Pattier/SIPA
  • La Métropole de Lyon va mettre en place dès le mois de juin son « Revenu solidarité jeunes » destiné aux 18-24 ans en grande précarité.
  • Cette aide sera possible pour les jeunes disposant de moins de 400 euros de ressources d’activité par mois et ne bénéficiant d’aucun autre dispositif pour une durée de deux ans maximum.
  • Le RSJ « a l’objectif de servir de secours, de filet de sécurité, pour les jeunes en précarité qui ne bénéficient d’aucun dispositif, pour qu’ils ne tombent pas dans la très grande précarité », a souligné le président de la Métropole Bruno Bernard ce jeudi.

Le dispositif avait été annoncé il y a plusieurs mois pour aider les plus en difficulté. La métropole de Lyon va mettre en place dès le mois de juin son « revenu solidarité jeunes » destiné aux 18-24 ans en situation de précarité qui ne bénéficient pas d’autres aides, a annoncé jeudi son président écologiste Bruno Bernard.

Cette mesure, dotée d’un budget de 10 millions d’euros pour l’année 2021, pourrait concerner quelque 2.000 jeunes (sur une année pleine) qui recevront, pour une durée maximale de deux ans, une aide mensuelle de 300 euros s’ils disposent de revenus inférieurs à 400 euros par mois et de 400 euros s’ils n’ont aucune ressource d’activité. Les jeunes français ou étranger en situation régulière, résidant dans la métropole depuis au moins 6 mois et sortis du système éducatif pourront en bénéficier.

Accompagnée d’une aide au retour à l’emploi

Vue comme transitoire, cette allocation doit être accompagnée d’une aide au retour à l’emploi. « Dès le mois de juillet » et l’arrivée des écologistes à la direction de la métropole, « nous avons proposé au gouvernement d’expérimenter un RSA jeunes sur le territoire. Le gouvernement n’a pas souhaité le faire », a regretté devant la presse l’élu EELV. Il a néanmoins reconnu que « des mesures gouvernementales vont dans le bon sens, en matière d’apprentissage ou encore la Garantie jeunes qui fonctionne mais ne concerne que moins de 10 % des jeunes ».

Le RSJ « a l’objectif de servir de secours, de filet de sécurité, pour les jeunes en précarité qui ne bénéficient d’aucun dispositif, pour qu’ils ne tombent pas dans la très grande précarité », a renchéri Bruno Bernard, assurant que cette allocation ne vise pas à concurrencer les autres aides. Ainsi ne seront pas éligibles ceux qui bénéficient d’autres allocations (RSA, handicap, Garantie jeunes…) ou les étudiants, dont les plus précaires bénéficient d’aides de l’Etat (bourses ou aides d’urgence).

« Personne n’a le projet de vie de rester au RSA »

« On a près de 23 % des jeunes de moins de 30 ans qui vivent en dessous du seuil de pauvreté dans la métropole, et nous savons que l’épidémie du Covid-19 aggrave les choses », a encore souligné Bruno Bernard. « C’est un enjeu national. Je trouve choquant de la part de la ministre du Travail de vouloir opposer insertion et aides d’urgence, parce que, s’il y a des dispositifs existants, il y a énormément d’angles morts et de jeunes qui se retrouvent sans aucune possibilité », a-t-il poursuivi, se référant à une tribune publiée fin février par Elisabeth Borne dans laquelle elle soutenait qu'« un RSA pour les 18-25 ans n’est pas une réponse ».

« Il y a de plus en plus de jeunes qui dorment dans la rue, des décrocheurs scolaires, des anciens étudiants boursiers qui ne trouvent pas d’emploi. Il y a énormément de cas sans solution….», a-t-il ajouté, en pariant sur le fait que le RSA jeunes sera « un sujet » de la prochaine présidentielle de 2022. « Tous les jeunes cherchent une solution, un emploi. Personne n’a le projet de vie de rester au RSA », a-t-il insisté. Le RSJ doit être voté lors du conseil métropolitain du 15 mars, pour de premiers versements prévus en juin.