Coronavirus à Marseille : Polémique autour de la facturation au prix fort des visites à l’IHU

SANTE Selon une enquête de Libération, des malades du Covid ont découvert stupéfaits les factures de leurs passages à l’IHU de Marseille

C.D.

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Didier Raoult en septembre 2020
Didier Raoult en septembre 2020 — Francois Mori/AP/SIPA

Édit : Suite à la publication de l’article, l’IHU nous a contactés pour infirmer notre titre et indiquer que c’est toujours l’AP-HM qui facture les soins et examens médicaux pratiqués à l’IHU.

Selon le quotidien Libération, qui a enquêté sur le recours massif aux hospitalisations de jour au sein de l’AP-HM en 2020, des malades du  Covid 19 ont découvert stupéfaits les factures de leurs passages à l’IHU de Marseille. Plusieurs témoignages font état d’un montant de 1.264 euros facturé pour chacun de leur passage à l’IHU. Or, les patients en question sont venus à trois reprises pour, à chaque fois, une consultation, un bilan sanguin et un électrocardiogramme. Leur facture finale s’élève ainsi à 3 800 euros.

« On nous parle maintenant d’hospitalisation de jour, mais en fait la prise en charge dure dix minutes pour faire les prises de sang, trois minutes trente pour faire l’électrocardiogramme, et cinq minutes la consultation pour la délivrance de l’hydroxychloroquine, et voilà… Le reste, ce n’est que de l’attente dans les couloirs », raconte par exemple un patient

En effet, Libération montre que ces passages ont été facturés en hospitalisation de jour (HDJ). « Chaque hôpital a un service d’HDJ, qui permet de regrouper pour un même patient une batterie d’examens dans un temps assez court, rappelle le quotidien. Pour le patient, c’est un gain de temps ; pour la collectivité, c’est l’assurance de ne pas occuper un lit d’hôpital pendant plusieurs jours. Plutôt que de facturer chaque examen séparément, l’hôpital réclame alors son dû au patient au titre d’une hospitalisation de jour. »

Sauf que, à lire Libération, le patient doit tout de même être hospitalisé, autrement dit bénéficier d’une chambre, d’un lit, d’une collation le midi, ce qui n’a pas été le cas pour les témoignages recueillis.

Pas de surcoût pour la Sécu selon l’AP-HM

Interrogé par le quotidien, Yanis Roussel, en charge de la communication du professeur Raoult, insiste sur le fait que « l’IHU ne perçoit pas de rentrées financières liées aux activités de soin exercées dans ses murs ». L’AP-HM, de son côté, affirme que les facturations sont établies en fonction des « textes officiels », et indique que des « demandes de remise gracieuse sont actuellement étudiées » pour les patients sans mutuelle devant débourser un reste à charge. Elle se défend par ailleurs de tout « surcoût pour l’Assurance maladie » lié à cette « suractivité » en hospitalisation de jour ».

L’enquête est signée de Christian Lehmann, écrivain et médecin dans les Yvelines, qui tient pour le journal une chronique.