Loire-Atlantique : Avec ses ballons éco-responsables, la société Rebond ne manque pas d’air

ECOLOGIE Mardi, la start-up nantaise lance une gamme de ballons pour les cinquante ans du PSG

David Phelippeau

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Un vrai travail d'orfèvre la conception d'un ballon.
Un vrai travail d'orfèvre la conception d'un ballon. — Rebond
  • La start-up nantaise Rebond sort, mardi, cinquante ballons originaux pour les cinquante ans du PSG.
  • Deux Vendéens sont à la tête de cette entreprise depuis 2013 qui ne cesse de grandir.
  • Leur credo : fabriquer des produits eco-responsables dans le respect des normes du commerce équitable.

Tout roule pour la société Rebond, installée à La Montagne près de Nantes, qui fabrique des ballons de football. Mardi, à l’occasion du cinquantième anniversaire du PSG, cinquante ballons made in France, réalisés grâce à la récupération de maillots historiques du club non vendables, sortent en édition limitée à la boutique officielle du PSG et sur store.psg.fr.

Derrière ce travail d’orfèvre, cette start-up de Loire-Atlantique, branche recherche et développement de l’entreprise SG Ball, fondée en 2013 par deux jeunes Vendéens, Simon Mutschler, 34 ans et Louis Guillizzoni, 35 ans. « Il faut 2 h 30 à 3 heures de travail sur chaque ballon, explique Simon. Chaque morceau de maillot est cousu main sur le cuir qui est en dessous. Cela fait un patchwork de différentes époques du PSG. Chaque pièce est unique. » Et c’est à Gétigné, toujours en Loire-Atlantique, dans un atelier travaillant habituellement le cuir et confectionnant des sacs et des chaussures pour de grandes maisons de mode, que tout a été fabriqué.

Les ballons spéciales PSG seront en vente mardi.
Les ballons spéciales PSG seront en vente mardi. - Rebond

Le made in France et l’éco-responsabilité font partie des credo de ces deux jeunes entrepreneurs, pour qui tout a commencé en 2008 alors qu’ils étaient étudiants. « On était tous les deux sportifs et amateurs de foot pour Louis et rugby pour moi, raconte Simon. On s’est alors intéressés à la fabrication des ballons… » Avec leurs sacs à dos, ils partent alors dans la province du Pendjab, à la croisée de l’Inde et du Pakistan, une région dotée d’un savoir-faire historique en matière de fabrication de ballons. Simon et Louis observent, échangent, apprennent, partagent. « On a développé la manière de faire avec eux… »

Ils reviennent en France « avec des ballons désignés ». 300 pièces d’abord. Ils les commercialisent. Avec l’écho médiatique important, des clubs et des entreprises les contactent. Ils multiplient les allers-retours entre la France et le Pendjab. « On a appris le ballon au fur et à mesure, la fabrication, les matériaux qui le composent, les normes qui régissent sa production etc. » Ils se rendent vite compte que derrière le simili cuir, matière essentiel du produit, se cache tout simplement du plastique. « Une matière énergivore pour notre planète. »

Faire du ballon «un porte-parole» de l'éco-responsabilité

Les deux copains veulent alors « faire bouger les choses, bousculer les barrières et les limites du ballon ». Ils éliminent les phtalates, ces plastifiants toxiques, et autres encres nocives pour la santé et réfléchissent sur les matériaux externes du ballon, recyclés évidemment, toujours dans l’optique de fabriquer un produit sain dans le respect des normes du commerce équitable. « Le milieu du sport a un gros pouvoir de sensibilisation, on a fait du ballon un vrai porte-parole pour sensibiliser le plus grand de monde possible à l’éco-responsabilité », estime Simon.

Au sein de leur entreprise SG Ball, qui compte désormais huit salariés et fait aujourd'hui 1,5 million d'euros de chiffre d'affaires, les deux entrepreneurs foisonnent d’idées. En plus « des ventes éphémères » avec des clubs et des marques de vêtements, ils lancent fin 2019 un ballon éco-responsable qui retrace l’histoire du FC Nantes. 500 sont écoulés en quelques jours. 1.500 au final seront vendus. Avec toujours la même devise derrière la fabrication : « Des ballons bien goalés à l’extérieur mais aussi à l’intérieur. »