Catholicisme : Jean Castex a rencontré les représentants de l’épiscopat

RELIGION Des évêques ont eu avec le Premier ministre une discussion portant sur le projet de loi contre le « séparatisme », la fin de vie ou encore l’éventuelle venue du Pape en France

20 Minutes avec AFP
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L’église Saint Germain l'Auxerrois, à Paris le 24 décembre 2020.
L’église Saint Germain l'Auxerrois, à Paris le 24 décembre 2020. — Christophe Ena/AP/SIPA

Dans le cadre du dialogue annuel entre les responsables catholiques et les pouvoirs publics, le Premier ministre a écouté mercredi durant deux heures les points de vue des évêques. Projet de loi contre le « séparatisme », fin de vie, éventuelle venue du Pape en France : l’épiscopat catholique a partagé ses sujets d’actualité lors d’une rencontre avec Jean Castex​ et plusieurs ministres, a-t-on appris auprès de la Conférence des évêques de France (CEF) et de Matignon.

La rencontre a permis un « vaste tour d’horizon », a déclaré Eric de Moulins-Beaufort, président de la CEF à l’issue de cette discussion. Parmi les sujets évoqués, figurait donc le projet de loi « séparatisme », alors que la CEF a signé ce mercredi une tribune avec les responsables protestants et orthodoxes de France pour alerter sur les dangers de ce texte qui selon eux « porte atteinte » à la liberté de culte et d’association.

Adapter la loi de 1905

« Des points d’inquiétude demeurent », a souligné Eric de Moulins-Beaufort. Pour lui, de manière générale, « on donne des instruments pour restreindre les libertés » et « on est dans toujours plus de contrôle et toujours plus de surveillance ». Le Premier ministre, de son côté a dit « que les craintes évoquées n’étaient pas avérées », a-t-on souligné à Matignon. « Oui nous adaptons le cadre de 1905 à l’époque moderne », a-t-on ajouté.

« La perspective d’un voyage du Pape en France » espérée par l’épiscopat, pour l’automne à Marseille, mais à laquelle le souverain pontife n’a à ce stade pas donné suite, a également été évoquée. « On en parle mais il n’y a rien de précis », a avancé prudemment Eric de Moulins-Beaufort, qui était accompagné du nonce apostolique en France, Celestino Migliore. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, présent, a souligné « qu’un déplacement du Pape en France serait un message positif pour la France et l’Europe », a-t-on indiqué à Matignon.

La lutte contre la pédocriminalité évoquée

Les responsables catholiques ont aussi dit leur opposition à un éventuel allongement du délai d’avortement ou l’éventuelle suppression de la clause de conscience des médecins, objets de propositions de loi. Et sur la fin de vie, « le Premier ministre n’a pas pris d’engagement ni dans un sens ni dans un autre », a indiqué le président de la CEF. « On nous a annoncé un troisième plan sur les soins palliatifs », sans davantage de précisions, selon l’archevêque de Reims.

Enfin, la situation des jeunes face à la crise sanitaire, les difficultés rencontrées parfois par les aumôniers dans les hôpitaux et les prisons, la lutte contre la pédocriminalité, la transition écologique ont été également évoqués.