Education prioritaire : Dans trois académies, une expérimentation pour « changer de logique »

EDUCATION Dans les académies de Nantes, Lille et Aix-Marseille, 172 écoles, collèges et lycées sont concernés par ces nouveaux « contrats locaux d’apprentissage »

Julie Urbach
Dans un lycée (illustration).
Dans un lycée (illustration). — A. GELEBART / 20 MINUTES
  • Une expérimentation va être lancée à la rentrée pour compléter les réseaux d’éducation prioritaire Rep et Rep +.
  • Elle concernera les académies de Nantes, Lille et Aix-Marseille, a détaillé ce mercredi la secrétaire d’Etat en charge du dossier Nathalie Elimas.

« Changer de logique en passant du "tout ou rien" à quelque chose de plus souple. » Voilà l’objectif de l'expérimentation que prépare le gouvernement en matière d’éducation prioritaire. Cinq ans après la dernière révision de la carte, qui définit les établissements Rep et Rep +, le ministère veut aller plus loin que ce système de zonage, qui commence à montrer ses limites.

« L’objectif est de faire rentrer de nouveaux publics et de nouveaux territoires dans l’éducation prioritaire, sans toucher au système actuel. Il ne s’agit pas d’une réforme mais d’une expérimentation », précise la secrétaire d’Etat Nathalie Elimas ce mercredi lors d’une visite à Nantes, l’une des trois académies choisies (avec Lille et Aix-Marseille) pour mener ce test. Au total, 172 écoles, collèges et lycées ont été sélectionnés pour bénéficier de ces fameux « contrats locaux d’accompagnement » dès la rentrée 2021, et des moyens qui vont avec.

Réussite des élèves

Indicateurs sociaux, taux de difficultés aux évaluations de CE1 ou de réussite au brevet, nombre d’élèves par classe… Plusieurs critères ont été pris en compte pour établir cette liste. Dans l’académie de Nantes, 28 écoles (en zones urbaine et rurale), 12 collèges et cinq lycées (jusqu’ici exclus de l’éducation prioritaire) ont été retenus. Comme le lycée professionnel de Bougainville, quartier Chantenay à Nantes. « Nous recevons des élèves parfois abîmés, que nous aimerions encore davantage pouvoir accompagner, en petits groupes, et pour éviter qu’ils décrochent, décrit Karine Le Maih Chometton, la proviseure. Nous avons aussi des besoins concernant nos élèves allophones. »

Un budget de 3,2 millions d’euros sera alloué aux établissements, qui ont jusqu’au mois de mai pour réaliser leur autodiagnostic avant de se voir attribuer des moyens dédiés, en fonction de leurs demandes. « Il pourra s’agir de postes supplémentaires [qui permet par exemple le dédoublement de classes], d’indemnités pour des missions particulières versées aux enseignants, ou de crédits pédagogiques, précise le recteur d’académie de Nantes William Marois. La seule finalité, c’est la réussite des élèves. »

Ces contrats locaux d'accompagnements seront signés pour trois ans. En cas de bons résultats, le ministère envisage de pouvoir élargir le dispositif l’an prochain à « quelques académies supplémentaires ».