Nathalie Collin qui accuse Jean-Michel Baylet de viols sort de son silence et veut que « la honte change de camp »

#METOO Quarante ans après les faits présumés, Nathalie Collin, 52 ans, parle des viols dont elle accuse l’ex-ministre Jean-Michel Baylet dans un entretien à l’AFP. Le patron de presse nie catégoriquement

20 Minutes avec AFP
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Jean-Michel Baylet en septembre 2020.
Jean-Michel Baylet en septembre 2020. — Alain Robert - Sipa
  • Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « viols et agression sexuelles » sur mineure visant l’ex-ministre Jean-Michel Baylet.
  • Le patron de presse, entendu récemment en audition libre, nie catégoriquement les faits qui remonteraient à plus quarante ans.
  • Son accusatrice, Nathalie Collin, aujourd’hui quinquagénaire, livre son récit et explique pourquoi elle sort maintenant de son silence.

Elle appelle « JMB » celui qu’elle accuse de viols et veut « que la honte change de camp ». Dans un entretien donné à l’AFP, Nathalie Collin, 52 ans, dévoile son identité et pourquoi elle rejoint la vague #MeeToo plus de quarante ans après les violences sexuelles dont elle dit avoir été victime de la part de Jean-Michel Baylet, ex-ministre de François Hollande et patron du groupe de presse La Dépêche du Midi.

Ces révélations arrivent une semaine après que l’avocat de l’intéressé a confirmé que l’ex-président du Parti radical de gauche (PRG) et actuel maire de Valence-d’Agen (Tarn-et-Garonne) a été entendu fin février, à Paris et en audition libre, par des enquêteurs de la brigade de protection des mineurs. Cette convocation faisait suite à l’ouverture le 9 juin par le parquet, sur dénonciation de Nathalie Collin, d’une enquête pour « viols et agressions sexuelles sur mineur de moins de 15 ans ».

Jean-Yves Dupeux, l’avocat de Jean-Michel Baylet, avait indiqué le 1er mars que devant les policiers son client avait « formellement contesté ces allégations mensongères et apporté toutes les précisions nécessaires ».

Des souvenirs « lacunaires » mais « des lieux et des odeurs »

Nathalie Collin a pour sa part été entendue le 12 août. La fille de l’ancien sénateur PRG Yvon Collin, aujourd’hui brouillé avec le patron de La Dépêche du Midi, situe les faits entre ses 12 ans et ses 14 ans. Selon elle, tout a commencé en Grèce dans la villa de Jean-Michel Baylet où elle était en vacances avec ses parents. Ses souvenirs sont, dit-elle volontiers, « lacunaires » mais aussi constitués d’images précises « de lieux (Paris, Font-Romeu, Toulouse), d’actes et d’odeurs ».

Il y a dix ans, ces faits avaient déjà fait l’objet d’un signalement auprès du parquet de Montauban. Entendue à l’époque, Nathalie Collin avait indiqué qu’il ne s’était rien passé. « Mais c’était faux, je n’étais simplement pas prête, confie-t-elle aujourd’hui à l’AFP. Parce qu’on est pétrie de culpabilité, de honte et que la révélation est une menace pour l’équilibre de la famille ». « C’est long de se réconcilier avec la petite fille que l’on a été et de lui accorder ce statut de victime », ajoute-t-elle.

Nathalie Collin est consciente que la brouille désormais exacerbée entre son père et Jean-Michel Baylet l’expose au soupçon mais elle assure ne pas vouloir « être dépossédée de [son] histoire ». Elle sait aussi que les faits présumés la concernant sont prescrits mais espère que « JMB sera enfin regardé comme celui qu’il est véritablement ».