Toulouse : Remontés, des élus en appellent à Olivier Véran pour une histoire de parking payant

GENANT Vingt-cinq maires du nord-est toulousain ont écrit à Olivier Véran pour lui demander d’intervenir auprès de la direction d’une clinique qui a transformé son parking gratuit en payant

Eric Dourel

— 

Une borne de paiement d'un parking (illustration)
Une borne de paiement d'un parking (illustration) — SAUTIER PHILIPPE/SIPA
  • Depuis le mois de janvier, le parking de la clinique de l’Union, en périphérie toulousaine, est devenu payant.
  • Les maires de 25 communes du secteur ont décidé de monter au créneau contre cette mesure peu sociale selon eux.
  • Ils en appellent à l’intervention d’Olivier Véran afin que le stationnement redevienne gratuit pour les patients.

L’Union, Beaupuy, Launaguet, Saint-Jean, Pechbonnieu, Castelmaurou… Vingt-cinq maires du nord-est de Toulouse sont en colère contre le groupe Ramsay, propriétaire de la clinique de L’Union. Et ils ont décidé de le faire savoir à Olivier Véran, le ministre des Solidarités et de la Santé.

Le 23 février, ces élus de tous bords ont tous cosigné un courrier pour lui exprimer leur « mécontentement » suite à la mise en place d’un système de péage pour transformer le parking gratuit de 1.000 places de la clinique, en un espace payant. Ils attendent sa réponse.

Exit les personnes à faibles revenus

Depuis fin janvier, les patients, visiteurs, mais aussi les chauffeurs de taxi et les ambulanciers qui se rendent dans cet établissement doivent mettre la main à la poche pour garer leur véhicule. La première demi-heure est certes gratuite, mais la seconde passe à 0,50 euro, pour grimper aux environs de 2 euros l’heure. « Personne ne vient ici pour trente minutes, du coup les gens se garent n’importe où, n’importe comment : sur les espaces verts, dans les rues des alentours. Ça crée des nuisances », fulmine Eric Lavialle, président du Parc Saint-Jean, association membre du collectif Saint-Jean qui dénombre neuf assos et 500 adhérents.

« Les personnes à faibles revenus qui viennent passer du temps auprès de leur proche sont les premières victimes de cette mesure. Elles vont hésiter à payer 10 euros pour venir passer la journée et ça c’est inconcevable », renchérit Bruno Espic, maire de Saint-Jean, territoire sur lequel est implantée la clinique.

Voitures ventouses

Avant l’envoi de cette missive au ministre, trois courriers ont été adressés à la direction de la clinique, une rencontre a également eu lieu avec les édiles. « Ils ont fait quelques concessions, mais ce n’est pas suffisant », indique Marc Péré, maire de L’Union, signataire du courrier au ministère. Et de lister : deux heures de prises en charge gratuites au lieu d’une demi-heure, un tarif spécifique pour toute personne hospitalisé, gratuité pour les personnes qui suivent un traitement contre le cancer ou qui viennent se recueillir à la suite du décès d’un proche.

Même si pour justifier sa mesure, la direction de la clinique - qui n’a pas souhaité répondre à nos questions - évoque devant les élus « des voitures-ventouses », d’après le maire de Saint-Jean, la raison est surtout économique : Le parking payant devrait en effet renflouer les caisses à hauteur de « deux à trois millions d’euros » par an.