Pays basque : Le parquet évoque la piste criminelle pour les incendies qui ont détruit plus de 800 ha de forêt

ENQUETE Le parquet de Bayonne indique ce lundi que les incendies qui ont détruit plus de 800 hectares de forêt les 20 et 21 février derniers à Biriatou et Ascain seraient d’origine criminelle

Mickaël Bosredon

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Le feu de forêt sur la commune d'Ascain, avait détruit 450 hectares de végétation
Le feu de forêt sur la commune d'Ascain, avait détruit 450 hectares de végétation — Sécurité Civile
  • L’enquête recense trois incendies distincts dans la série de feux qui ont frappé le Pays basque les 20 et 21 février.
  • Celui de Biriatou était le prolongement d’un incendie qui s’était déclaré côté espagnol, et qui serait d’origine criminelle.
  • L’incendie d’Ascain est aussi d’origine criminelle, et a détruit 450 hectares de forêt.

Plusieurs incendies, plusieurs origines, dont au moins deux pourraient être criminelles. L’enquête judiciaire pour des faits de destructions volontaires par incendie de bois et forêts, ouverte à la suite des feux de forêts qui se sont déroulés au cours du week-end des 20 et 21 février sur les communes de Biriatou, Ascain et Sare (Pyrénées-Atlantiques) a déterminé plusieurs causes.

« Les techniciens en investigations criminelles de la gendarmerie de Pau et l’expert en incendie désigné par le parquet ont ainsi pu matérialiser trois zones de feu distinctes, sans corrélation apparente les unes avec les autres », indique ce lundi le parquet de Bayonne, qui a confié l’enquête à la brigade de recherche de la compagnie de gendarmerie de Bayonne.

400 hectares détruits à Biriatou, 450 à Ascain

La première zone, qui a détruit plus de 1.400 hectares de la forêt de Biriatou, dont 400 hectares sur le territoire français, « est la conséquence de la progression de l’incendie provenant de la commune de Berra située en Espagne » explique le parquet de Bayonne. « A ce titre, une enquête pour déterminer l’origine criminelle de cet incendie est en cours sous le contrôle des autorités judiciaires espagnoles » précise le procureur de la République, Jérôme Bourrier.

La deuxième zone, touchant près de 450 hectares de forêt sur la commune d’Ascain, « est quant à elle d’origine criminelle et sans lien avec un écobuage pastoral. » En effet, plusieurs départs de feu ont pu être identifiés le long d’un chemin de randonnée conduisant au sommet de la Rhune. « Des prélèvements sont toujours en cours d’analyse aux fins de déterminer le système de mise à feu utilisé. »

Un vent violent qui a favorisé la progression des incendies

Enfin la troisième zone localisée sur la commune de Sare, ayant entraîné la destruction d’environ 7 hectares, « pourrait trouver son origine dans un écobuage pastoral ». Mais il est désormais établi, ajoute le parquet, « qu’aucune déclaration préalable d’écobuage n’avait été déposée auprès des pompiers pour le week-end du 20- 21 février. »

Dans les trois cas, « les conditions météorologiques défavorables, notamment en raison d’un vent violent, ont favorisé la progression rapide des incendies. »

Les investigations se poursuivent afin de préciser encore la source de ces incendies, et d’en identifier les auteurs potentiels. Les faits de destructions volontaires par incendie de bois et forêts de nature à exposer les personnes à un dommage corporel ou à créer un dommage irréversible à l’environnement, sont punis de 15 ans de réclusion criminelle et 150.000 euros d’amende, précise le parquet.