Loire-Atlantique : Menacée d’expulsion, la ZAD du Carnet invite ses soutiens ce samedi

MANIFESTATION En Loire-Atlantique, les occupants de la ZAD du Carnet risquent une expulsion à tout moment. Ce samedi, ils organisent une grande manifestation de soutien sur le site

Frédéric Brenon
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Une ZAD est installée depuis six mois sur le site du Carnet, entre Nantes et Saint-Nazaire.
Une ZAD est installée depuis six mois sur le site du Carnet, entre Nantes et Saint-Nazaire. — S.Salom-Gomis/AFP
  • Le Carnet est un ancienne île de Loire en partie remblayée, située entre Nantes et Saint-Nazaire.
  • Une ZAD s'y est installée en août pour empêcher la réalisation d'un projet portuaire et économique.
  • Le projet est suspendu mais les opposants restent sur la zone.

Ils veulent fêter leurs six mois d'installation et rappeler leur « détermination à lutter contre la bétonisation » de cette ancienne île de Loire. Les occupants de la ZAD du Carnet (Loire-Atlantique) organisent une manifestation « festive » ce samedi. Le rassemblement, baptisé Carna’zad, doit débuter à 14h dans le bourg de Paimbœuf pour s’achever sur le site du Carnet, sur la commune de Frossay, quatre kilomètres plus loin. « L’objectif est de faire découvrir les lieux, expliquer le projet du port et présenter les enjeux. Montrer aussi que les gens qui vivent ici n’ont rien des méchants que certains décrivent », explique Gabriella Marie, porte-parole du collectif Stop Carnet.

Les militants protestent contre un projet de création d’une base logistique et d'installation d'entreprises du domaine des « éco-technologies » mené par le Grand port maritime de Nantes-Saint-Nazaire. Ce dernier a fait savoir en novembre qu’il repoussait d'au moins un an un projet qui était, de toute façon, peu avancé. Mais les opposants tiennent bon. « Rien n’empêche le Port de commencer tout de même la première phase d’aménagement du site », justifie Gabriella Marie.

« On ne veut pas de drame comme à Sivens »

Ces dernières semaines, de nombreux élus, pas tous favorables au projet du Grand port maritime, réclament l’expulsion des Zadistes. Ils dénoncent des troubles à l'ordre public, des problèmes de salubrité, un non-respect des règles sanitaires. Ils craignent aussi que le campement, occupé par plusieurs dizaines d’occupants, grossisse au point de devenir incontrôlable. « Il y a de toute évidence un traumatisme avec Notre-Dame-des-Landes. Mais les deux dossiers n’ont rien à voir, les enjeux ne sont pas les mêmes. Ce parallèle est absurde », considère la porte-parole du collectif Stop Carnet.

La justice a donné son feu vert à l’expulsion. La préfecture entend y donner suite mais ne dit rien sur la date. Une telle opération nécessitera un déploiement important de forces de l’ordre sur un terrain peu évident car en partie couvert de végétation et bordé par la Loire. Sans compter les barricades des Zadistes. « Le risque d’expulsion est bien réel, reconnaît Gabriella Marie. On ne laissera pas faire. Des gens défendront évidemment le lieu. Mais on ne veut pas non plus de drame comme à Sivens. »