Vaccination : Les soignants sont-ils plus réticents que le reste de la population, comme l’explique Oliver Véran ?

FAKE OFF Le ministre de la Santé a avancé que le taux d’adhésion des soignants à la vaccination pouvait parfois être plus faible que celui du reste de la population

Mathilde Cousin

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Une soignante dans un hôpital à Grasse, le 22 janvier.
Une soignante dans un hôpital à Grasse, le 22 janvier. — Frederic DIDES/SIPA
  • Le ministre de la Santé a avancé que le taux d’adhésion des soignants à la vaccination pouvait parfois être plus faible que celui du reste de la population.
  • Si les soignants se bousculent traditionnellement moins contre la grippe, c’est aussi le cas du reste de la population.
  • Le vaccin DTP (contre la diphtérie, le tétanos et la polio) est obligatoire pour les soignants, qui affichent des taux de couverture élevés contre ces maladies.

Le temps de la « réticence » au sujet de la vaccination contre le Covid-19 est passé chez les soignants, a assuré jeudi Olivier Véran, lors d'une conférence de presse avec le premier ministre Jean Castex.

Revenant sur ces « réticences », le ministre a expliqué qu'« il n’est pas rare que le taux d’adhésion des soignants à la vaccination soit un peu plus faible que le taux d’adhésion de la population générale ». ​20 Minutes s’est penché sur cette déclaration.

FAKE OFF

Seul le vaccin DTP (contre la diphtérie, le tétanos et la polio) est obligatoire pour tous les soignants. Le vaccin contre l’hépatite B est lui obligatoire pour les soignants qui risquent d’y être exposés.

Les données disponibles pour ces vaccins sont anciennes : elles datent de 2009. La couverture avec ces deux vaccins chez les soignants était élevée, à plus de 88 % en moyenne. Des taux meilleurs que dans le reste de la population française.

Plus de soignants vaccinés contre la rougeole et la coqueluche

Les autres vaccins (grippe, coqueluche, rougeole, varicelle) sont recommandés pour les soignants. Des « données historiques » ont montré « que les couvertures vaccinales pour ces infections chez ces professionnels étaient insuffisantes », estimait Santé publique France en 2019.

Une étude commandée par l’organisme de santé publique, publiée en novembre 2020, estime le taux de couverture de santé chez les soignants exerçant en établissements de santé (hors Ephad) en 2019 pour la rougeole à 73 %, en augmentation de 23 points par rapport à 2009.

Egalement en forte augmentation, la vaccination contre la coqueluche : 54 % de ces professionnels étaient estimés couverts. Le taux de couverture contre la varicelle était lui estimé à 26 %. Ces taux ne sont pas uniformes : ils varient selon la région, l’âge ou la profession du soignant.

Quid de la vaccination contre la grippe, qui nécessite d’être renouvelée chaque hiver et dont l’efficacité varie chaque année ? 35 % des soignants exerçant dans des établissements de santé l'avait effectuée lors de la saison 2018-2019. Ce chiffre cache des disparités selon les professions : 67 % des médecins l’avaient faite, 48 % des sages-femmes, 36 % des infirmiers et seulement 21 % des aides-soignants. Plusieurs hôpitaux ont mené des campagnes pour augmenter ces taux.

Dans le reste de la population, la vaccination contre la grippe ne convainc pas, là aussi, tous ceux auxquels elle s’adresse : 48,3 % d’entre eux avaient reçu cette injection en 2015-2016 (date des dernières données disponibles sur Santé publique France).