« Islamo-gauchisme » : Plusieurs syndicats demandent aussi le départ de Frédérique Vidal

RECHERCHE La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche avait réclamé le 14 février une enquête au CNRS sur « l’islamo-gauchisme » dans les universités, déclenchant colère et incompréhension chez des universitaires

20 Minutes avec AFP

— 

Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, le 23 février 2021.
Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, le 23 février 2021. — AFP

Frédérique Vidal de nouveau rattrapée par ses propos sur «l'islamo-gauchisme». Les syndicats CGT, FSU et Sud de la recherche et de l’enseignement supérieur réclament ce vendredi son départ du ministère, condamnant « sans appel » ses propos sur l’université.

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a selon eux « franchi la ligne rouge » en demandant, en février, au CNRS d’enquêter sur le militantisme lié à « l’islamo-gauchisme » dans la recherche académique. « Non seulement, la ministre stigmatise des collègues et leurs travaux de recherche en les désignant à la vindicte publique à l’aide d’un vocabulaire emprunté à l’extrême droite mais, dans le même élan, elle porte un coup sévère aux libertés académiques en demandant au CNRS de procéder à une enquête comme s’il s’agissait d’une affaire de basse police », écrit cette intersyndicale regroupant notamment le SNTRS-CGT, le SNEP-FSU, Sud Education, Sud Recherche et la Confédération des jeunes chercheurs.

Un bilan demandé par la ministre

Selon eux, Frédérique Vidal « doit partir car elle a perdu toute crédibilité auprès de la communauté ». « Nous avons besoin d’une ministre qui respecte le principe fondamental de l’indépendance de la recherche scientifique et qui s’attaque aux conséquences dramatiques de la crise sanitaire », ajoutent-ils, s’associant à l’appel de syndicats d’étudiants pour une journée de mobilisation contre la précarité le 16 mars.

Le 14 février sur CNews, Frédérique Vidal avait pointé l'« islamo-gauchisme », qui à ses yeux « gangrène la société dans son ensemble, et l’université n’est pas imperméable », puis demandé au CNRS un « bilan » afin de distinguer ce qui relève de la recherche académique et du militantisme. Ses propos ont déclenché de vives protestations au sein de la communauté scientifique – plus de 600 universitaires ont demandé la démission de la ministre – et de la classe politique.