Coronavirus dans les Alpes-Maritimes : Des ressortissants étrangers plongés dans « des situations problématiques »

ADMINISTRATION Déjà ralentie par la crise sanitaire, comme le relatait 20 Minutes l’an dernier, la préfecture est désormais aussi encombrée par les demandes de titres de séjour liées au Brexit

F.Bi. avec AFP

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Un service où sont traitées les demandes de titres de séjour (Illustration)
Un service où sont traitées les demandes de titres de séjour (Illustration) — © Fabrice ELSNER
  • La situation des services responsables des titres de séjour dans les Alpes-Maritimes ne s’est pas améliorée depuis l’état des lieux de 20 Minutes, l’an dernier.
  • De nombreux étrangers se retrouvent dans « des situations problématiques », concède la préfecture, victime de la crise sanitaire et du Brexit.

Depuis l’état des lieux publié par 20 Minutes en juin 2020, la situation des services responsables des titres de séjour dans les Alpes-Maritimes ne s’est pas vraiment améliorée. A cause de délais allongés, de nombreux étrangers se retrouvent dans « des situations problématiques », concède la préfecture victime de la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19, et désormais aussi ralentie par 5.000 demandes liées au Brexit.

« C’est vrai, la bonne marche des services est impactée par cette crise. Oui, nous ne travaillons pas de la même manière », a admis en début de semaine le préfet Bernard Gonzalez. Les équipes chargées des ressortissants étrangers « fortement mobilisés, se sont profondément réorganisées en mode "gestion de crise" », selon lui.

« Les délais sont actuellement de deux à trois mois »

Au début de l’été dernier, déjà, au moment du déconfinement, une jeune femme d’origine d’Amérique latine, interrogée par 20 Minutes, était laissée sans réponse malgré des démarches entamées six mois plus tôt. Les dossiers traînent toujours en longueur.

« Ce mois de mars doit permettre aux services de répondre à une demande de renouvellement de titre par l’envoi d’un récépissé valable six mois dans les quinze jours, à compter de la réception de la demande. Les délais sont actuellement de deux à trois mois », précise la préfecture, saisie du cas d’un étranger qui ne peut plus travailler parce que son titre est expiré, et n’a pas de récépissé de sa demande pour l’employeur.

« Des situations de cette nature tous les jours »

Combien d’étrangers seraient ainsi en difficulté ? « Ça fait du monde, je ne sais pas si on est sur des milliers », a expliqué le préfet. « On a des situations de cette nature tous les jours, il faut que les gens écrivent, les plus urgentes sont réglées », assure son entourage.

Le tribunal administratif de Nice enregistre de son côté « des dizaines de requête par mois ». Les problèmes ont débuté quand la préfecture a fermé ses locaux au public et traité toutes les demandes par Internet, ce qui a causé des délais « extrêmement rallongés depuis l’été dernier », observent les magistrats du tribunal administratif. A l’horizon 2022, toutes les démarches du séjour des étrangers en France doivent être dématérialisées.