Unanime, l'Assemblée vote la hausse de l'aide au développement, recentrée sur l'Afrique et Haïti

FINANCEMENT L’aide au développement française s'élève à 12,8 milliards en 2020 et poursuivra sa hausse cette année, à 0,55% du revenu national brut

20 Minutes avec AFP

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L'Assemblée nationale (image d'illustration).
L'Assemblée nationale (image d'illustration). — Jacques Witt/SIPA

L’Assemblée nationale, unanime, a adopté ce mardi en première lecture le projet de loi de programmation de l’aide publique au développement (APD) française, prévue en hausse et recentrée sur l’Afrique et Haïti.

A l’issue de cette première lecture, les députés ont soutenu ce projet de loi consensuel par 502 voix pour et 41 abstentions, venues des communistes, des insoumis et du RN. Il est désormais attendu au Sénat. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a salué « un très bon signal » et un « tournant », grâce à des « moyens renforcés » et des « méthodes refondées ».

Une « doctrine française »

Ce texte concrétise l’engagement d’Emmanuel Macron de porter l’aide publique au développement (APD) à 0,55 % du revenu national brut (RNB) à la fin du quinquennat en 2022, contre 0,37 % à son arrivée à l’Elysée. Il redéfinit la « doctrine française » en termes d’APD, quand certains reprochaient à la France de « saupoudrer et de ne pas être très lisible », souligne la députée LREM Valérie Thomas.

Y sont « très clairement » affichées les « priorités sectorielles » – lutte contre la pauvreté, santé, climat, éducation et égalité femmes/hommes – « et géographiques, avec dix-neuf pays prioritaires » : dix-huit pays d’Afrique subsaharienne et Haïti, ajoute la « marcheuse ».

Une aide en hausse

L’opposition de droite comme de gauche a principalement critiqué le « retard » de cette loi de programmation, qui ne concernera finalement « que l’année 2022 », regrettent Bérengère Poletti (LR) et Clémentine Autain (LFI). « La plus grande partie du retard est due au Covid-19. Et ça ne nous a pas empêchés d’augmenter les crédits chaque année », répond à l’AFP le rapporteur LREM Hervé Berville.

L’APD française a atteint 10,9 milliards d’euros en 2019, 12,8 milliards en 2020 et poursuivra sa hausse cette année, quand un pays comme le Royaume-Uni va réduire son aide à environ 10 milliards de livres (11,1 milliards d’euros) en 2021, en raison de l’impact financier de la pandémie. Pour confirmer cette augmentation, les députés ont aussi inscrit dans la loi que la France « s’efforcera » en « 2025 » de consacrer « 0,7 % de son revenu national brut » à l’APD.

Restituer les « biens mal acquis »

Autre ajout : l’Assemblée a voté en faveur d’un mécanisme visant à « restituer » aux « populations », sous forme de projets de développement, les avoirs confisqués par la justice française dans les affaires dites de « biens mal acquis » de dirigeants étrangers, notamment africains. « C’est une réelle avancée », se réjouit l’ONG Transparency International, mais il faut « garantir que les fonds ne retombent pas dans les circuits de la corruption ».

La France a longtemps fait figure de destination privilégiée pour l’achat de ces biens luxueux par des dirigeants étrangers ou leurs proches, sur fond de soupçons de spoliation d’argent public à des fins privées. Enfin, la philosophie générale de cette réforme de l’APD est de privilégier les dons aux prêts, afin d’éviter de rendre plus vulnérables des pays déjà endettés.