Coronavirus à Marseille : Privée de touristes, la Bonne Mère lance un appel aux dons

EPIDEMIE Victime collatérale de l'épidémie de Covid-19, la basilique de Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille perd près de 1.700 € par jour

Mathilde Ceilles

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Notre-Dame-de-la-Garde a perdu des millions de visiteurs et fidèles depuis la crise sanitaire
Notre-Dame-de-la-Garde a perdu des millions de visiteurs et fidèles depuis la crise sanitaire — CLEMENT MAHOUDEAU / AFP
  • Privés de touristes avec la crise du Covid-19, et notamment du flux de croisiéristes, Notre-Dame-de-la-Garde perd près de 1.700 € par jour.
  • Un déficit qui la contraint à mettre ses 16 salariés au chômage partiel et à ne pas pouvoir faire fonctionner correctement ce lieu emblématique de Marseille.
  • Un appel aux dons a donc été lancé.

La crise ​ économique n’épargne décidément personne. Comme l’a révélé RCF, à  Marseille, le sanctuaire de Notre-Dame-de-la-Garde aborde cette année 2021 avec un sérieux trou dans les caisses, qui a pour origine… l’épidémie de coronavirus​. « Il nous manque 1.700 euros par jour pour pouvoir être à l’équilibre », constate Anne-Sophie Houzel, économe du sanctuaire. La faute à une baisse drastique de fréquentation du site, notamment de la part des touristes qui viennent en masse habituellement à la Bonne Mère.

« Le site accueille d’ordinaire deux millions et demi de visiteurs, explique le père Olivier Spinosa, recteur de la basilique. Nous recevons notamment beaucoup de croisiéristes qui viennent ici visiter et allumer un cierge, déposer un peu d’argent dans le tronc après une visite guidée. Or, on voit par exemple une baisse de cierges de l’ordre de 50 % pour l’année 2020. »

Lumignons et cierges

Une baisse qui n’est pas anecdotique quand on sait que la principale source de revenus de la basilique provient des dons des fidèles. « Cela comprendre les offrandes de lumignons et de cierges, détaille Anne-Sophie Houzel. Il y a aussi des dons de la part d’individuels et d’entreprises. C’est censé couvrir l’ensemble de nos dépenses, et c’est déjà limite les autres années. »

Et de préciser : « Nous avons 16 salariés. Nous avons également des dépenses de maintenance, pour entretenir le site en matière de chauffage, d’eau. Il y a aussi une grosse partie de nos dépenses consacrée à la sécurisation du site. » « Nous devons aussi loger les 25 religieuses qui vivent dans le couvent à côté de la basilique, ajoute le père Spinosa. Il y a aussi des dépenses pour la rénovation des vitraux par exemple. »

Chômage partiel

Alors, comme n’importe quelle autre structure touchée par le Covid-19, la basilique a adapté son activité. « Treize de nos seize salariés sont en chômage partiel, détaille Anne-Sophie Houzel. Nous avons dû revoir nos horaires d’ouverture, ce qui est un crève-cœur. Nous ouvrons uniquement l’après-midi en semaine, de 14 heures à 17 heures, le samedi de 10 heures à 17 h 30 et le dimanche de 8 h 30 à 17 h 30. »

Et de noter : « Nous devons aussi entièrement repenser le brûloir, avec des travaux de sécurisation, car l’extraction de l’air ne marche pas bien ». « Il y a aussi tout un sujet sur le parking à mettre aux normes pour bien accueillir le public », poursuit le père Spinosa.

Aussi, l’ecclésiastique en appelle à la générosité des Marseillais pour venir combler ce déficit et permettre à la basilique de continuer à fonctionner. « Il est possible de faire un don sur notre site Internet, rappelle le père Spinosa. Nous avons mis aussi en place un système de cierges en ligne : vous faites une offrande de cierge, et une religieuse viendra à la basilique le déposer en votre nom, et prier pour vous. On peut aussi faire des quêtes en ligne, on fait dire une messe à Notre-Dame-de-la-Garde » Chaque année, le diocèse dépense près d’un million d’euros pour faire faire fonctionner la basilique.