Toulouse : Quatre hommes jugés après le viol collectif d'une femme, filmé et diffusé sur les réseaux sociaux

PROCES Le procès s’ouvre ce lundi devant la Cour criminelle de la Haute-Garonne pour des faits qui s’étaient déroulés le 16 septembre 2018

B.C. avec AFP

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Code Dalloz lors d'une audience au Tribunal de Grande instance de Toulouse.15/09/2010 Toulouse
Code Dalloz lors d'une audience au Tribunal de Grande instance de Toulouse.15/09/2010 Toulouse — FrŽdŽric Scheiber/20MINUTES

Elle avait vécu un véritable calvaire, au petit matin du 16 septembre 2018 sur le parking de la discothèque « Le Carpe Diem » de Balma, à l’Est de Toulouse. La jeune femme, âgée de 19 ans à l’époque, avait été violée par plusieurs hommes. Une agression sexuelle filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, rapidement signalée à la plateforme Pharos.

Ses quatre violeurs présumés sont jugés à partir de ce lundi par la Cour criminelle de la Haute-Garonne. Immédiatement après les faits, ces jeunes des banlieues de la Ville rose, âgés de 19 à 25 ans, avaient fui en Espagne ou au Maroc, parfois après avoir été menacés de mort sur les réseaux sociaux.

Les enquêteurs de la section de recherches (SR) de la gendarmerie de Toulouse les avaient rapidement identifiés et, un mois après les faits, les premières gardes à vue avaient eu lieu. Ces derniers avaient pu être identifiés grâce aux captures d’images vidéos et à la téléphonie, puis confondus par les analyses de traces ADN sur les vêtements de la jeune femme. Sur l’une des vidéos postée sur Snapchat, un des hommes qui filme la scène dit à un des agresseurs présumés, « Arrête, c’est un viol ».

Huis clos

Lors de sa déposition, la jeune femme avait déclaré aux gendarmes s’être sentie comme « un jouet, une marionnette au milieu d’enfants qui se disputent ». Cette nuit-là, elle s’était rendue au Carpe Diem avec son copain et un autre couple et avait consommé joints et cocktails mêlant alcool et boisson énergétique.

« C’est une jeune fille qui n’était pas habituée aux sorties nocturnes, elle avait bu, elle a été la victime de prédateurs, qui ont su percevoir sa fragilité, sa vulnérabilité », dénonce son avocate, Ravyn Issa. « Elle a du mal à se souvenir comment elle se retrouve sur le parking. Ensuite, son refus est clair, on voit sur les images qu’elle est tirée par les cheveux, portée à bout de bras, maintenue pendant l’acte », poursuit son avocate.

De leur côté, les accusés minimisent leur participation à l’agression, nient l’avoir violée ou affirment que les relations sexuelles étaient consenties. L’un d’eux affirme que la première relation sexuelle entre la jeune femme et trois des quatre accusés était consentie, avant que cela ne dégénère en viol, auquel il n’a pas participé, explique son avocat Robin Sénié-Delon, qui plaidera pour lui la non-assistance à personne en danger.

Pour ce dernier, « tous ceux qui ont participé au viol ne sont pas dans le box », ajoute-t-il. Le procès devrait se dérouler à huis clos, à la demande de la victime.