Coronavirus : Pour le directeur général de la Santé, le couvre-feu a fait ses preuves

MESURES SANITAIRES Jérôme Salomon évalue par ailleurs l'« immunité collective », soit le taux minimum de personnes immunisées pour qu’une épidémie s’éteigne, à 80 %

20 Minutes avec AFP

— 

Le directeur général de la santé Jérôme Salomon, à Paris en décembre 2020.
Le directeur général de la santé Jérôme Salomon, à Paris en décembre 2020. — Jacques Witt/SIPA

Même s’il accorde un bon point aux restrictions sanitaires actuelles, le directeur général de la Santé n’exclut pas pour autant « des mesures plus strictes » au niveau national en cas d’aggravation de l’épidémie de Covid-19. En attendant, Jérôme Salomon estime, dans un entretien au Journal du Dimanche, que le couvre-feu « fonctionne très bien ».

« La situation est évidemment très tendue » mais « le gouvernement a pris des mesures de freinage fortes en particulier avec le couvre-feu », juge-t-il. Cette mesure « répond bien à la problématique des rassemblements privés et intéresse d’ailleurs beaucoup nos voisins qui ont été surpris de ses effets », explique Jérôme Salomon, alors que le couvre-feu à 18 heures a été mis en place mi-janvier sur l’ensemble de la métropole.

Quant au confinement local le week-end inauguré samedi dans la région de Nice et autour de Dunkerque, « nous allons étudier ce que donne [cette mesure] mais nous savons, au vu de l’exemple en Guyane que cela fonctionne », poursuit le DGS, estimant que « ce sont des mesures difficiles mais [qui] ont un vrai impact ».

Le confinement est « l’arme absolue »

Interrogé sur l’éventualité de mesures plus larges, Jérôme Salomon a estimé qu’outre des mesures possibles au niveau des départements, « des régions pourront aussi être concernées par des mesures plus strictes. Et si la situation s’aggrave vraiment, l’ensemble du territoire pourra être concerné ». « Le variant britannique est majoritaire sur le territoire français », 53 % des cas selon les derniers résultats, relève Jérôme Salomon. Pour autant, « on peut encore éviter le confinement si tout le monde se mobilise ». « C’est l’arme absolue quand la courbe explose, mais c’est une arme très lourde », insiste-t-il, évoquant un « dernier recours ».

A la veille de la rentrée scolaire dans plusieurs régions, dont l’Ile-de-France, le directeur général de la Santé a aussi affirmé que le protocole sanitaire « très strict » dans les établissements scolaires « fonctionne » et que « le déploiement massif des tests salivaires » allait encore le « renforcer ». En outre, il évalue une « immunité collective », c’est-à-dire le taux minimum de personnes immunisées pour qu’une épidémie s’éteigne, à 80 %. « Aujourd’hui, entre 15 et 20 % de la population française est immunisée et 5 % est vaccinée, » relève-t-il.