Négociations commerciales: Des agriculteurs manifestent devant les grandes surfaces

MOBILISATION L'édition 2020-21 des négociations commerciales entre agriculteurs, industries agro-alimentaires et distributeurs s'achève lundi dans un climat très tendu

B.D. avec AFP

— 

Illustration: Des producteurs d'oeufs bloquent l'accès d'un magasin Carrefour, à Rennes,  le 25 février 2021.
Illustration: Des producteurs d'oeufs bloquent l'accès d'un magasin Carrefour, à Rennes, le 25 février 2021. — Damien MEYER / AFP

Des agriculteurs ont manifesté devant des grandes surfaces dans la nuit de vendredi à ce samedi, dans la dernière ligne droite des négociations commerciales avec les distributeurs, d’après la presse locale.

Du lisier et des pneus ont été déversés devant plusieurs grandes surfaces autour de Pau, tôt ce samedi matin, selon la République des Pyrénées. En Seine-Maritime, des membres des Jeunes Agriculteurs et la FDSEA ont déployé des banderoles devant plusieurs hypermarchés et supermarchés, selon la radio Tendance Ouest. Vendredi, au sud de Limoges, la Confédération paysanne, la FDSEA et les Jeunes agriculteurs ont manifesté devant un Carrefour, selon France Bleu.

Initiatives locales

Ces actions, qui ne résultent pas d’un mot d’ordre national mais d’initiatives locales, émaillent la vie des grandes surfaces depuis plusieurs semaines. L’édition 2020-21 des négociations commerciales entre agriculteurs, industries agroalimentaires et distributeurs s’achève ce lundi dans un climat très tendu. « Les indicateurs sont au rouge vif dans de nombreuses filières ! », a prévenu jeudi le syndicat agricole majoritaire FNSEA, qui a appelé à manifester mercredi à Clermont-Ferrand.

Les agriculteurs accusent les supermarchés de tirer les prix à la baisse. Ces derniers dénoncent les hausses de tarifs demandées par les agro-industriels (laiteries, biscuiteries, salaisons, producteurs de conserves ou de plats préparés…). Lesquels, jugés peu transparents sur leurs marges, critiquent à leur tour les distributeurs.

« Si la grande distribution, si les industriels ne changent pas, c’est les agriculteurs qui vont disparaître », a lancé ce samedi sur Europe 1 le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie. « On est en train de réfléchir à améliorer cette loi pour qu’on arrête cette dégradation de valeur », a souligné le ministre, qui rencontre des producteurs ce samedi à Paris et doit se rendre en Seine-Maritime lundi. « La main du Parlement ne tremblera pas et la loi sera très claire sur le sujet », a promis Julien Denormandie, sans plus de précisions.