Confinement à Nice : Avec les nouvelles restrictions, « finie la pédagogie, on sanctionne », préviennent les policiers

CRISE SANITAIRE Ce samedi, la police municipale de Nice a déployé 120 policiers et 40 ASVP pour faire respecter les nouvelles restrictions

Elise Martin

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Nice et tout le littoral azuréen soumis à un confinement le week-end — 20 Minutes
  • Après les nouvelles restrictions annoncées par le préfet des Alpes-Maritimes lundi, la ville de Nice, ainsi que 62 autres communes du département, est entrée en confinement ce week-end, de vendredi 18 h à lundi 6 h du matin.
  • La police municipale et nationale ont déployé de nombreux effectifs pour « faire respecter les nouvelles règles » ce week-end comme celui de la semaine prochaine.

Des poubelles vides. Une plage seulement peuplée de mouettes. Quelques sportifs et passants insouciants (ou rebelles) se partageant la promenade des Anglais. Et, toutes les heures, la voix des haut-parleurs qui vient rappeler les nouvelles règles, casse le calme ambiant : « Pour la protection de tous, veuillez respecter les réglementations en vigueur ». Le troisième confinement, localisé et uniquement le week-end a bel et bien commencé ce samedi matin  Nice.

Pour l’occasion, les polices municipale et nationale ont coordonné leurs opérations pour « couvrir tous les quartiers de la ville ». « Des contrôles routiers sont effectués aux entrées et sorties de la ville, annonce Richard Gianotti, directeur de la police municipale. En plus des points de contrôles fixes, nous avons également déployé des équipes mobiles pédestres, à vélo et à scooter. On complète également avec la vidéosurveillance pour détecter les regroupements de personnes ».

Au total, 120 policiers municipaux et 40 agents ASVP sont sollicités pour « faire appliquer les consignes » avec 32 effectifs de la police nationale en soutien. « Ce sera les mêmes chiffres dimanche et la semaine prochaine », précise le directeur.

« Les gens sont habitués maintenant »

« Je ne suis pas étonnée, nous sommes en règle, lancent Laurence et Stéphane, sortis pour faire des courses. Les policiers font leur travail, c’est normal ». Sur l’avenue Jean-Médecin, « là où il y a le plus de piétons », selon Richard Gianotti, les agents municipaux contrôlent chaque personne qu’ils croisent. « Les gens sont habitués maintenant, affirme Julie, gardienne depuis deux ans. Et nous aussi ! On sait lire les attestations rapidement ».

« On a un discours continu depuis un an donc c’est tolérance zéro, ajoute le directeur. Les gens doivent se munir de leur attestation et d’une pièce d’identité, sinon c’est 135 euros d’amende ».

Au terme de la première matinée, « sur plus de 500 contrôles routiers et piétons effectués, 31 amendes pour non-port du masque ont été dressées, 49 pour défaut d’attestation et une dizaine de procès-verbaux pour des personnes qui étaient sur la Prom, indique le directeur. On peut dire que, globalement, les gens ont compris et jouent le jeu ».

« C’est de la bêtise »

Peut-être pas tous. Sur la promenade des Anglais, Michel Lippmann se balade, il vient de fermer son restaurant au niveau du port parce qu'« il n’y avait personne ce matin ». « Je viens de croiser les agents municipaux au niveau du hashtag [le signe #ILoveNice]. Ils m’ont demandé de changer de trottoir. Mais c’est de la bêtise ! C’est complètement idiot de me faire marcher sur deux mètres d’espace plutôt que quinze de l’autre côté. Je vais croiser plus de personnes. Je suis mieux là ! »

Des rubans blanc et rouge balisent les escaliers qui permettent d’accéder aux plages et des panneaux signalent une « circulation des piétons interdite ». Une signalétique que Régine et Jacques Aribaud n’avaient pas vue avant de s’installer sur les chaises bleues. « On ne savait pas que c’était interdit, avoue Jacques Aribaud. On était au marché et on voulait profiter de notre heure de balade pour aller voir la mer. Si on croise les forces de l’ordre, on espère bénéficier de leur clémence ». Régine Aribaud ajoute : « Ils auraient peut-être dû mettre des barrières plus évidentes. Mais c’est vrai que voir la plage vide, on sent que c’est le confinement ».

Une ville vide que beaucoup ont fuie vendredi avant le début du confinement. « Il y a eu énormément de bouchons. Nombreux sont les Niçois qui ont une résidence secondaire dans le haut pays et qui sont partis prendre l’air de la montagne, faute de prendre celui de la mer. Mais il ne faudra revenir que lundi après 6 h », rappelle le directeur de la police municipale. Sinon une amende de 135 € est également prévue.